On essayait de limiter l’inflation déjà au IIIe siècle

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L’édit du Maximum, promulgué en 301 par l’empereur Dioclétien, fixa des prix maximaux pour de nombreux biens et services dans l’Empire romain afin de lutter contre l’inflation. Il prévoyait des sanctions contre les vendeurs qui les dépassaient.

L’édit eut des effets limités : les prix imposés ne correspondant pas toujours aux réalités locales, certains commerçants cessèrent de vendre leurs produits ou développèrent le marché noir. Le contrôle des prix fut donc difficile à appliquer et l’édit ne permit pas de stopper durablement l’inflation.


Commentaires préférés (1)

Dans notre monde contemporain, la "Ley de costes y precios justos" (Loi des coûts et prix justes) imposée au Vénézuéla à partir de 2011, a eu le même effet contre-productif.
Le but inicial était de freiner l'inflation.

Dans la théorie c'est fantastique... surtout pour la part de population (la majoritaire) qui ne roule pas sur l'or. Au prime abord ceci plait à grande partie de l'électorat... qui votera probablement de nouveau pour l'actuel Chef de l'État aux prochaines élections générales.

Dans la pratique, ça a été une catastrophe.
Cette Loi donnait un pouvoir absolu à l'Administration Nationale sur les entreprises privées, quant à l'évaluation théorique des coûts de production de chaque bien, ainsi que sur la marge bénéficiaire que l'entreprise pouvait appliquer...
C'était sans compter sur la fluctuation des prix des matières premières nationales et internationales, les augmentations de salaire dues à la tendance déjà inflationniste des prix, etc... Bref: le coût de production théorique évalué en janvier, pouvait ne plus être réel en Février et encore moins en Mars... Inévitablement ceci réduit déjà la marge bénéficiaire, mais comme de plus les prix de ces biens sont fixés par l'État... du fabricant au grossiste et jusqu'au commerçant, plus personne ne fait de bénéfice du tout. On en est à la faillite des entreprises de production.... réduisant donc l'offre de ces biens proposés sur le marché national.

Quand la demande dépasse l'offre dans une économie de marché, le commerçant peut choisir d'augmenter le prix de ce bien. Oui mais, dans le cas de la politique imposée par l'Exécutif Venézuélien, ceci est considéré comme de la spéculation. Aussi le commerçant de détail n'a d'autre que de ne plus le proposer en rayon du tout.
Et quand bien même il choisirait de liquider le stock qu'il a en réserve, là ce sont les consommateurs qui en achètent plus que leurs nécéssités, afin de se constituer un stock à la maison.
Quand la pénurie d'un bien devient fréquente, le consommateur va vouloir l'acquérir par une autre voie...quitte à devoir l'acheter plus cher sur un marché parallèle. Bref, certains citoyens cherchant le profit, alimentent en definitive la spirale inflationniste...

Comme ceci est arrivé à des milliers d'entreprises Venézuéliennes au début des années 2010, les pénuries de biens sont devenues de plus en plus fréquentes et sur un éventail de plus en plus important de biens... ce qui a conduit a un cercle vicieux d'hyperinflation oû il faut constamment revoir le coût de fabrication et de vente au détail, ainsi que les salaires.
Le salaire est plus élevé ? Le consommateur a tendance à acheter des biens basiques dès que possible, car il sait qu'à la fin du mois, ces mêmes biens seront plus chers.
Ce sont les images vidéos de supermarchés aux étagères entièrement vides qui apparaissaient à cette époque, ou encore de grappes de clients qui se lançaient sur une palette de biens sortant tout juste de la réserve.

C'est ceci qui a conduit un quart de la population Vénézuélienne (plus de sept millions de personnes) à s'exiler dans tout le Continent Américain et au-delà.
L'inflation atteignait des dizaines de milliers de pourcents annuels.


Tous les commentaires (7)

Et dire que certains politiciens proposent toujours de bloquer les prix (et d'augmenter les salaires, notamment des entreprises dont les prix des produits fabriqués seraient bloqués) ce qui aboutit toujours à la pénurie.

a écrit : Et dire que certains politiciens proposent toujours de bloquer les prix (et d'augmenter les salaires, notamment des entreprises dont les prix des produits fabriqués seraient bloqués) ce qui aboutit toujours à la pénurie. Ou à diminution des dividendes versés et donc in fine à une meilleure répartition entre la capital et le travail.

Dans notre monde contemporain, la "Ley de costes y precios justos" (Loi des coûts et prix justes) imposée au Vénézuéla à partir de 2011, a eu le même effet contre-productif.
Le but inicial était de freiner l'inflation.

Dans la théorie c'est fantastique... surtout pour la part de population (la majoritaire) qui ne roule pas sur l'or. Au prime abord ceci plait à grande partie de l'électorat... qui votera probablement de nouveau pour l'actuel Chef de l'État aux prochaines élections générales.

Dans la pratique, ça a été une catastrophe.
Cette Loi donnait un pouvoir absolu à l'Administration Nationale sur les entreprises privées, quant à l'évaluation théorique des coûts de production de chaque bien, ainsi que sur la marge bénéficiaire que l'entreprise pouvait appliquer...
C'était sans compter sur la fluctuation des prix des matières premières nationales et internationales, les augmentations de salaire dues à la tendance déjà inflationniste des prix, etc... Bref: le coût de production théorique évalué en janvier, pouvait ne plus être réel en Février et encore moins en Mars... Inévitablement ceci réduit déjà la marge bénéficiaire, mais comme de plus les prix de ces biens sont fixés par l'État... du fabricant au grossiste et jusqu'au commerçant, plus personne ne fait de bénéfice du tout. On en est à la faillite des entreprises de production.... réduisant donc l'offre de ces biens proposés sur le marché national.

Quand la demande dépasse l'offre dans une économie de marché, le commerçant peut choisir d'augmenter le prix de ce bien. Oui mais, dans le cas de la politique imposée par l'Exécutif Venézuélien, ceci est considéré comme de la spéculation. Aussi le commerçant de détail n'a d'autre que de ne plus le proposer en rayon du tout.
Et quand bien même il choisirait de liquider le stock qu'il a en réserve, là ce sont les consommateurs qui en achètent plus que leurs nécéssités, afin de se constituer un stock à la maison.
Quand la pénurie d'un bien devient fréquente, le consommateur va vouloir l'acquérir par une autre voie...quitte à devoir l'acheter plus cher sur un marché parallèle. Bref, certains citoyens cherchant le profit, alimentent en definitive la spirale inflationniste...

Comme ceci est arrivé à des milliers d'entreprises Venézuéliennes au début des années 2010, les pénuries de biens sont devenues de plus en plus fréquentes et sur un éventail de plus en plus important de biens... ce qui a conduit a un cercle vicieux d'hyperinflation oû il faut constamment revoir le coût de fabrication et de vente au détail, ainsi que les salaires.
Le salaire est plus élevé ? Le consommateur a tendance à acheter des biens basiques dès que possible, car il sait qu'à la fin du mois, ces mêmes biens seront plus chers.
Ce sont les images vidéos de supermarchés aux étagères entièrement vides qui apparaissaient à cette époque, ou encore de grappes de clients qui se lançaient sur une palette de biens sortant tout juste de la réserve.

C'est ceci qui a conduit un quart de la population Vénézuélienne (plus de sept millions de personnes) à s'exiler dans tout le Continent Américain et au-delà.
L'inflation atteignait des dizaines de milliers de pourcents annuels.

a écrit : Et dire que certains politiciens proposent toujours de bloquer les prix (et d'augmenter les salaires, notamment des entreprises dont les prix des produits fabriqués seraient bloqués) ce qui aboutit toujours à la pénurie. les politiciens sont des commerciaux qui proposent de répondre à un besoin, et certains sont assez démagogue pour faire croire à ce type d'illusions. Ils sont dans leur rôle, le plus grave à mon sens ce sont surtout les électeurs qui y croient.

a écrit : Dans notre monde contemporain, la "Ley de costes y precios justos" (Loi des coûts et prix justes) imposée au Vénézuéla à partir de 2011, a eu le même effet contre-productif.
Le but inicial était de freiner l'inflation.

Dans la théorie c'est fantastique... surtout pour la par
t de population (la majoritaire) qui ne roule pas sur l'or. Au prime abord ceci plait à grande partie de l'électorat... qui votera probablement de nouveau pour l'actuel Chef de l'État aux prochaines élections générales.

Dans la pratique, ça a été une catastrophe.
Cette Loi donnait un pouvoir absolu à l'Administration Nationale sur les entreprises privées, quant à l'évaluation théorique des coûts de production de chaque bien, ainsi que sur la marge bénéficiaire que l'entreprise pouvait appliquer...
C'était sans compter sur la fluctuation des prix des matières premières nationales et internationales, les augmentations de salaire dues à la tendance déjà inflationniste des prix, etc... Bref: le coût de production théorique évalué en janvier, pouvait ne plus être réel en Février et encore moins en Mars... Inévitablement ceci réduit déjà la marge bénéficiaire, mais comme de plus les prix de ces biens sont fixés par l'État... du fabricant au grossiste et jusqu'au commerçant, plus personne ne fait de bénéfice du tout. On en est à la faillite des entreprises de production.... réduisant donc l'offre de ces biens proposés sur le marché national.

Quand la demande dépasse l'offre dans une économie de marché, le commerçant peut choisir d'augmenter le prix de ce bien. Oui mais, dans le cas de la politique imposée par l'Exécutif Venézuélien, ceci est considéré comme de la spéculation. Aussi le commerçant de détail n'a d'autre que de ne plus le proposer en rayon du tout.
Et quand bien même il choisirait de liquider le stock qu'il a en réserve, là ce sont les consommateurs qui en achètent plus que leurs nécéssités, afin de se constituer un stock à la maison.
Quand la pénurie d'un bien devient fréquente, le consommateur va vouloir l'acquérir par une autre voie...quitte à devoir l'acheter plus cher sur un marché parallèle. Bref, certains citoyens cherchant le profit, alimentent en definitive la spirale inflationniste...

Comme ceci est arrivé à des milliers d'entreprises Venézuéliennes au début des années 2010, les pénuries de biens sont devenues de plus en plus fréquentes et sur un éventail de plus en plus important de biens... ce qui a conduit a un cercle vicieux d'hyperinflation oû il faut constamment revoir le coût de fabrication et de vente au détail, ainsi que les salaires.
Le salaire est plus élevé ? Le consommateur a tendance à acheter des biens basiques dès que possible, car il sait qu'à la fin du mois, ces mêmes biens seront plus chers.
Ce sont les images vidéos de supermarchés aux étagères entièrement vides qui apparaissaient à cette époque, ou encore de grappes de clients qui se lançaient sur une palette de biens sortant tout juste de la réserve.

C'est ceci qui a conduit un quart de la population Vénézuélienne (plus de sept millions de personnes) à s'exiler dans tout le Continent Américain et au-delà.
L'inflation atteignait des dizaines de milliers de pourcents annuels.
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c'est un très bel exemple dans l'économie moderne, je ne comprends d'ailleurs pas bien pourquoi, dans les argumentaires des politiciens et des sympathisants, on ne s'appuie pas plus sur les retours d'expérience, que ce soit pour proposer un modèle, le contredire, mais aussi pour les analyser et les corriger ou améliorer. Le cas venezuelien est d'ailleurs est très bon d'école, car la plupart des autres échecs des économies"sociales" ont été justifiés par l'interventionisme américain, par des idéologies totalitaires... bref pour plein d'autres raisons qué l'économie. Sans être spécialiste, il me semble que pour le Venezuela, il n'ya pas tous ces facteurs au départ de la crise, c'est donc principalement les choix économiques et sociaux qui ont conduit à cette faillite. Pour moi d'ailleurs, c'est un exemple criant qui montre que, contrairement à ce que beaucoup pensent, la bonne politique n'est pas simplement la gauche pour les classes populaires, et la droite pour les classes aisées. En gros, une politique basée uniquement sur la lutte des classes me paraît absurde. Les mesures aux venezuela étaient pour les classes populaires, pourtant ce sont bien ces classes les premières victimes de cette crise, les plus aisés ont quasiment tous fuis le pays.

a écrit : Ou à diminution des dividendes versés et donc in fine à une meilleure répartition entre la capital et le travail. En théorie oui, sauf qu’affaiblir l’intérêt du capital, c’est amener les acteurs économiques à se détourner de l’investissement.
Et sans capital pas d’outil de production, et donc pénurie et famine.
C’est comme ca qu’on finit toutes les tentatives qui ont eu lieu.
L’erreur est souvent la même : penser qu’une décision ne changera pas le comportement des acteurs en amont. On m’a vu mainte fois , des impôts théoriques qui une fois déployés ont rapporté 100 fois moins que prévu

Il y a de nombreux exemples de mesures économiques qui ont eu un effet contraire à celui escompté.
Qu’en déduire ?
Je me souviens d’une prime de fin d’année qui a surtout servi à l’achat de magnétoscopes japonais alors qu’on attendait une relance industrielle française…
Il y a d’autres exemples de même tabac.

Facile de juger « après » !

Pour le blocage des prix, on l’attribue facilement à la gauche pour satisfaire un électorat réputé à bas revenu, voire par démagogie…

Le blocage des prix le plus important sous la Ve République a été mis en place en septembre 1978 par Raymond Barre (le plan « Barre »), 1er ministre sous Giscard d’Estaing (la « droite « orléananiste », dite « intelligente ») et économiste distingué.
Il n’a été levé qu’en 1982 avec l’arrivée de François Mitterrand à la présidence de la République (la gauche au pouvoir avec 4 ministres communistes).

Le bilan, apparemment, reste mitigé…