La célèbre expression "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort", aujourd’hui employée un peu à toutes les sauces, est due à Friedrich Nietzsche. Elle apparaît dans "Le Crépuscule des idoles" (1888) et ne revêt pas vraiment la signification qu'on lui prête aujourd'hui : pour Nietzsche, seuls les individus capables de se dépasser (ceux qu’il nomme les “surhommes”) se renforcent dans l’adversité.

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Du coup elle revêt bien la signification qu'on lui prête, en revanche elle n'est pour lui pas applicable à tous comme le laisse penser la variation "tout ce qui ne NOUS tue pas NOUS rend plus fort", mais seulement à ceux qui font preuve d'une certaine force de caractère et qui sont capables de se dépasser dans l'adversité.
Comme expliqué dans les sources, la théorie veut que certains s'enfoncent dans l'adversité et s'abrutissent pour supporter, là où d'autres prennent ça comme un challenge et se dépassent pour en sortir grandi.
La phrase complète de Nietzsche est:
"ce qui ne te tue pas te blesse profondément et te laisse si abattu que tu finis par accepter n'importe quel mauvais traitement en te disant qu'il te rend plus fort.".
Pour tenter de valider l'aphorisme (ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts), une étude de 2020 a été effectuée auprès d'un bon millier de Chiliens ayant vécu le tremblement de terre de 2010, d'une force de 8,8 sur l'échelle de Riechter.
Cette étude a eu le but de viser à évaluer le risque de développer un trouble anxieux post-traumatique (TAPT) et un trouble dépressif majeur (TDM) chez les Chiliens ayant vécu cette catastrophe. Pour être inclus dans le groupe d'étude, aucun participant ne devait avoir d'antécédents de TAPT ou de TDM.
L'hypothèse de l'étude est qu'un historique d'événements stressants empêche l'apparition du Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT) et de dépression majeure (DMM) chez les personnes, en se basant sur la conviction que la résilience se construit grâce à l'apprentissage progressif des mécanismes de survie chez les individus exposés. Cela les rendrait supposément moins susceptibles que ceux ayant connu moins ou pas d'épisodes stressants significatifs, selon l'hypothèse de l'inoculation en matière de vulnérabilité psychiatrique.
Les résultats ont montré que la présence de facteurs de stress importants avant un événement catastrophique n'empêchait pas l'apparition du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et de la dépression majeure (DMM).
En réalité, chez un nombre limité de participants, elle augmentait même le risque de développer ces troubles. Une augmentation directement proportionnelle a également été observée entre le nombre d'épisodes stressants et la survenue du SSPT/DMM. Ceci contredit l'adage bien connu selon lequel "ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts". Eh bien, non, pas forcément.
Malgré les résultats de cette étude, la théorie de l'inoculation (expérience progressive de facteurs de stress qui conditionne la résilience) devrait être étudiée plus en profondeur, et peut-être que l'apparition de Trouble Anxieux Post-Traumatique/Trouble Dépressif Majeur dépend davantage de la nature des facteurs de stress que de leur présence ou absence.
À noter que chez Nietzsche la notion de surhomme ne désigne pas des individus naturellement supérieurs aux autres. Pour lui, devenir un "surhomme" (à comprendre comme "étant au dessus de" plutôt que "étant supérieur à") est un choix, quelque chose qui est acquis et non inné. Cela passe notamment par le fait de se détacher de la morale chrétienne traditionnelle dualiste. C'est cependant bel et bien ce concept qui d'ubermensch qui sera récupéré par les nazis pour alimenter leurs théories racistes, bien que le concept chez Nietzsche n'ai à l'origine rien à voir avec ce que les nazis en feront. C'est par le biais de la sœur de Nietzsche, grande admiratrice d'Hitler, que ce concept se retrouvera au sein du corpus idéologique du troisième Reich. Sœur que le philosophe détestait et méprisait idéologiquement. De façon générale, il faut être assez prudent avec les interprétations et récupération des écrits de Nietzsche encore aujourd'hui. Ses ouvrages ne sont pas très didactiques, pour ne pas dire carrément obscurs parfois, et sa philosophie peut difficilement se résumer à quelques citations à l'emporte pièce.
Tous les commentaires (17)
Ah bon ? Je croyais que c'était de Kelly Clarkson ^^
youtu.be/Xn676-fLq7I?si=z5RuUnJBt-x7ytCZ
Du coup elle revêt bien la signification qu'on lui prête, en revanche elle n'est pour lui pas applicable à tous comme le laisse penser la variation "tout ce qui ne NOUS tue pas NOUS rend plus fort", mais seulement à ceux qui font preuve d'une certaine force de caractère et qui sont capables de se dépasser dans l'adversité.
Comme expliqué dans les sources, la théorie veut que certains s'enfoncent dans l'adversité et s'abrutissent pour supporter, là où d'autres prennent ça comme un challenge et se dépassent pour en sortir grandi.
Merci pour l’explication : maintenant ça me parait plus clair.
La phrase complète de Nietzsche est:
"ce qui ne te tue pas te blesse profondément et te laisse si abattu que tu finis par accepter n'importe quel mauvais traitement en te disant qu'il te rend plus fort.".
Pour tenter de valider l'aphorisme (ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts), une étude de 2020 a été effectuée auprès d'un bon millier de Chiliens ayant vécu le tremblement de terre de 2010, d'une force de 8,8 sur l'échelle de Riechter.
Cette étude a eu le but de viser à évaluer le risque de développer un trouble anxieux post-traumatique (TAPT) et un trouble dépressif majeur (TDM) chez les Chiliens ayant vécu cette catastrophe. Pour être inclus dans le groupe d'étude, aucun participant ne devait avoir d'antécédents de TAPT ou de TDM.
L'hypothèse de l'étude est qu'un historique d'événements stressants empêche l'apparition du Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT) et de dépression majeure (DMM) chez les personnes, en se basant sur la conviction que la résilience se construit grâce à l'apprentissage progressif des mécanismes de survie chez les individus exposés. Cela les rendrait supposément moins susceptibles que ceux ayant connu moins ou pas d'épisodes stressants significatifs, selon l'hypothèse de l'inoculation en matière de vulnérabilité psychiatrique.
Les résultats ont montré que la présence de facteurs de stress importants avant un événement catastrophique n'empêchait pas l'apparition du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et de la dépression majeure (DMM).
En réalité, chez un nombre limité de participants, elle augmentait même le risque de développer ces troubles. Une augmentation directement proportionnelle a également été observée entre le nombre d'épisodes stressants et la survenue du SSPT/DMM. Ceci contredit l'adage bien connu selon lequel "ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts". Eh bien, non, pas forcément.
Malgré les résultats de cette étude, la théorie de l'inoculation (expérience progressive de facteurs de stress qui conditionne la résilience) devrait être étudiée plus en profondeur, et peut-être que l'apparition de Trouble Anxieux Post-Traumatique/Trouble Dépressif Majeur dépend davantage de la nature des facteurs de stress que de leur présence ou absence.
Désolé mais je ne comprends plus rien :
L’un cite : « ce qui ne ME tu pas… »
L’autre : « ce qui ne TE tue pas… »
Y-a-t-il deux citations distinctes ?
De plus, je suppose que les citations originales sont en allemand. Un pb de traduction ?
À noter que chez Nietzsche la notion de surhomme ne désigne pas des individus naturellement supérieurs aux autres. Pour lui, devenir un "surhomme" (à comprendre comme "étant au dessus de" plutôt que "étant supérieur à") est un choix, quelque chose qui est acquis et non inné. Cela passe notamment par le fait de se détacher de la morale chrétienne traditionnelle dualiste. C'est cependant bel et bien ce concept qui d'ubermensch qui sera récupéré par les nazis pour alimenter leurs théories racistes, bien que le concept chez Nietzsche n'ai à l'origine rien à voir avec ce que les nazis en feront. C'est par le biais de la sœur de Nietzsche, grande admiratrice d'Hitler, que ce concept se retrouvera au sein du corpus idéologique du troisième Reich. Sœur que le philosophe détestait et méprisait idéologiquement. De façon générale, il faut être assez prudent avec les interprétations et récupération des écrits de Nietzsche encore aujourd'hui. Ses ouvrages ne sont pas très didactiques, pour ne pas dire carrément obscurs parfois, et sa philosophie peut difficilement se résumer à quelques citations à l'emporte pièce.
La phrase exacte est "Was mich nicht umbringt, macht mich stärker" ce qui signifie "ce qui ne me tue pas me rend plus fort".
Oeuvre: Crépuscule des idoles (Götzen-Dämmerung)
Section: Maximes et pointes
Aphorisme 8.
fr.wikisource.org/wiki/Le_Cr%C3%A9puscule_des_Idoles/Maximes_et_pointes
C’est ce qui confirme mes propres recherches mais, alors, d’où vient la deuxième citation qui commence par : « ce qui ne TE tue pas… » soit en allemand : « was DICH nicht umbringt… » ?
Je ne sais pas il faut attendre qu'Epoxy nous dise d'où il sort sa phrase qui ne me semble pas très en ligne avec ce que j'ai compris des intentions de Nietzsche.
Moi qui croyais que c'était une citation de Végéta... (Il me semble bien qu'il dit cette phrase dans un épisode, je dirais dans le combat contre Goku au début de l'arc buu)
La phrase complète que tu cites n'est pas de Nietzsche. Elle n'est d'ailleurs pas attribuée du tout.
C'est une réinterprétation négative de sa citation qui est tirée du livre "Crépuscule des idoles" dans la section "Maximes et fléches".
Section qui ne regroupe que des aphorismes courts et concis.
Cette réinterprétation est utilisée en psychologie en démontrant plus explicitement que ce qui ne te tue pas, ne te rend pas toujours plus fort, cela peut aussi te blesser durablement.
Et il en existe pleins d'autres :
Énoncé, formule, mot d’esprit,trait d’esprit, précepte,principe,dogme, lieu commun, cliché,slogan, devise...
Merci pour la précision. J'ajouterais effectivement que la phrase de Nietzsche n'est pas une expression comme le dit l'anecdote mais bien un aphorisme comme tu le précises.
Et comme c'est compliqué à distinguer, voici un petit florilège pour avoir l'air intelligent à Noël.
Citation : reprise fidèle et littérale d’un propos énoncé par un auteur ou une source identifiable.
(« La science est une chose merveilleuse si l’on n’est pas obligé d’en gagner sa vie. » Albert Einstein)
Aphorisme : formule brève et autonome exprimant de manière condensée une idée générale, philosophique ou abstraite.
(« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. » Nietzsche)
Expression : tournure linguistique figée propre à une langue, dont le sens ne peut pas être déduit mot à mot.
(« Mettre la charrue avant les bœufs. »)
Apophtegme : parole courte et mémorable attribuée à un personnage réel, souvent prononcée dans une situation précise.
(« Rendez à César ce qui est à César. »)
Adage : énoncé ancien, transmis par la tradition, faisant autorité par l’usage, notamment dans les domaines savants ou juridiques.
(Dura lex, sed lex.)
Maxime : principe formulé brièvement qui énonce une règle morale ou une ligne de conduite.
(« Il faut se hâter lentement. »)
Proverbe : formule populaire issue de la tradition orale exprimant une sagesse générale de manière imagée.
(« Pierre qui roule n’amasse pas mousse. »)
Dicton : formule populaire liée à un contexte précis, souvent calendaire, météorologique ou pratique.
(« Noël au balcon, Pâques au tison. »)
Sentence : énoncé bref, solennel et affirmatif exprimant une vérité morale, juridique ou un jugement définitif.
(« Nul n’est censé ignorer la loi. »)
Merci pour ces distinguos.
J’ajouterais, à propos des citations que les erreurs dans les attributions à des personnes connues sont assez fréquentes, soit qu’elles n’aient jamais dit ni écrit cela (Voltaire avec « Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai… »), soit qu’elles les ont effectivement prononcées ou écrites mais « oublié » de citer un auteur antérieur (de Gaulle avec « La vieillesse est un naufrage » écrit au moins auparavant par Chateaubriand).
Disons que Evelyn beatrice Dall a pris quelques libertés avec la phrase d'origine :
« Pensez par vous-mêmes et laissez aux autres le privilège d’en faire autant. »
Voltaire, Dictionnaire philosophique (1764)
Evelyn Beatrice Hall !
Dans une biographie de Voltaire en 1906.
www.bbc.co.uk/bitesize/articles/zmvwwnb
Cette phrase, ou en tout cas cette idée était déjà utilisé bien avant, certains l'attribuent même a Alexandre le Grand