L’étude à l’origine du concept de « dissonance cognitive » a probablement été bidonnée. Un chercheur américain, Thomas Kelly, a montré que la première enquête à la base de cette théorie, publiée en 1956, aurait été manipulée par ses auteurs afin de corroborer leur théorie et de doper leur carrière.
Toutefois, cela ne remet pas forcément en cause le concept en lui-même de dissonance cognitive.

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"En psychologie sociale, la dissonance cognitive est la tension interne propre au système de pensées, croyances, émotions et attitudes (cognitions) d'une personne lorsque certaines d'entre elles entrent en contradiction les unes avec les autres. Le terme désigne également la tension qu'une personne ressent lorsqu'un comportement entre en contradiction avec ses idées ou ses croyances."
fr.wikipedia.org/wiki/Dissonance_cognitive
Exactement. En fait, la partie la plus intéressante est la réduction de la dissonance cognitive (c’est dans le wiki), qui permet d’atténuer cette tension. Lorsque nos vies (actes) ne sont pas en accord avec nos valeurs ou nos croyances, on peut soit changer nos actes, soit modifier nos croyances. Mais, dans certains cas, on se met aussi à inventer toutes sortes d’excuses ou d’arguments qui n’ont aucune vraie logique, mais qui permettent de "tromper" son cerveau et de réduire cette dissonance.
Sujet passionnant.
Par exemple, cette étude, parue le mois dernier, suggère bien comment ce mécanisme de réduction de la dissonance cognitive permet aux supporters MAGA de rester loyaux envers Trump malgré tout ce qui s’est passé (par exemple, c'est plus facile de crier "fake news" et tourner la page que de s'interesser au problème et se rendre compte qu'on a tord):
www.psypost.org/cognitive-dissonance-helps-explain-why-trump-supporters-remain-loyal-new-research-suggests/
Une expérience sur les dissonances cognitives manipulée en raison d'un biais de confirmation. C'est savoureux en terme de biais cognitif !
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"En psychologie sociale, la dissonance cognitive est la tension interne propre au système de pensées, croyances, émotions et attitudes (cognitions) d'une personne lorsque certaines d'entre elles entrent en contradiction les unes avec les autres. Le terme désigne également la tension qu'une personne ressent lorsqu'un comportement entre en contradiction avec ses idées ou ses croyances."
fr.wikipedia.org/wiki/Dissonance_cognitive
Exactement. En fait, la partie la plus intéressante est la réduction de la dissonance cognitive (c’est dans le wiki), qui permet d’atténuer cette tension. Lorsque nos vies (actes) ne sont pas en accord avec nos valeurs ou nos croyances, on peut soit changer nos actes, soit modifier nos croyances. Mais, dans certains cas, on se met aussi à inventer toutes sortes d’excuses ou d’arguments qui n’ont aucune vraie logique, mais qui permettent de "tromper" son cerveau et de réduire cette dissonance.
Sujet passionnant.
Par exemple, cette étude, parue le mois dernier, suggère bien comment ce mécanisme de réduction de la dissonance cognitive permet aux supporters MAGA de rester loyaux envers Trump malgré tout ce qui s’est passé (par exemple, c'est plus facile de crier "fake news" et tourner la page que de s'interesser au problème et se rendre compte qu'on a tord):
www.psypost.org/cognitive-dissonance-helps-explain-why-trump-supporters-remain-loyal-new-research-suggests/
Une expérience sur les dissonances cognitives manipulée en raison d'un biais de confirmation. C'est savoureux en terme de biais cognitif !
Tout à fait ! Et un bon moyen de se rappeler que le fait d'être informé d'un biais cognitif n'en protège pas (en tous cas, pas complètement).
Il faut avouer que c’est quand même gênant de s’appuyer sur une théorie née d’une expérience bidon.
Et ce n’est pas le seul exemple :
- Expérience de Milgram - 1963
- Expérience de Stanford -1971
Cf. La 2e source pour ceux qui sont abonnés au Monde (désolé mais j’ai épuisé les offres gratuites que je peux faire).
Ça laisse rêveur sur le sérieux et l’honnêteté de certains scientifiques.
C'est vrai ! Les résultats de l'étude ont été influencés pour correspondre à ce que les chercheurs désiraient obtenir: pas bon du tout. Comme c'est bien expliqué dans la 1ère source, ou par l'auteur Kelly lui-même, ca ne veut pas dire que la théorie derrière est fausse (elle a d'ailleurs été ré-étudiée de nombreuses fois depuis et est une notion bien ancrée en psychologie). Par contre, elle doit continuer a être évaluée (voir mettre le focus dessus) et il est urgent de ne plus citer cette étude comme une source fiable d'information.
En passant, et comme tu l'a bien fait remarquer, de nombreuses expériences de psychologie n'ont jamais pu être reproduites: une étude de 2015 (Reproducibility Project : Psychology) indiquait que seulement 36% des expériences avaient pu être reproduites. C'est un gros problème.
Concernant la reproductibilité, ça me laisse toujours dubitatif avec les publis en psycho et même en médecine/bio: durant ma thèse en physique/chimie des matériaux (où la reproductibilité et la répétabilité sont bien supérieures normalement) on pouvait être confronté à des biais énormes ou de l'effet waouh (sans même parler de fraude volontaire).
Il faut préciser la prétention de la fameuse étude en question :
une prêtresse prédit la fin du monde à une date donnée mais que ses adeptes seront sauvés par des soucoupes volantes : à la date prévue, pas de fin du monde ni de soucoupes volantes d’où conflit entre la croyance et la réalité : « dissonance cognitive » mais au lieu d’admettre la réalité avec ses conséquences, les adeptes auraient redoublé de prosélytisme. C’est cette réduction qui est « bidonnée » car la théorie était que la dissonance provoque une surenchère alors que la réalité révélée maintenant de cette étude a été que les adeptes se sont dispersés.
L’anecdote citée concernant Donald Trump est que malgré l’information que Donald Trump serait un prédateur sexuel et occasionnellement un tricheur en affaires, ses supporters lui gardent confiance pour diriger les USA en séparant l’homme privé de l’homme public, exactement comme en France leurs supporters distinguent chez certains hommes du spectacle leur vie privée de l’artiste qu’ils admirent. Or on constate qu’en réalité les artistes qui se sont disqualifiés sur le plan humain perdent une grande partie de leurs supporters.
Sur le plan politique, au XXe congrès du PCUS en 1956, Kroutchev dénonce le Stalinisme. En France le PCF, dans son ensemble, accepte ce tournant historique, même avec douleur, mais, par exemple, Jeannette Vermeersch, épouse de Maurice Thorez restera fidèle à la mémoire de Staline. Elle est une des seules autorités à ne pas admettre la réalité. C’est donc l’exception et non la règle.
La conclusion est que lors de l’apparition d’une « dissonance cognitive », contrairement à ce que voulait prouver l’étude initiale, les acteurs ne s’enferment pas forcément dans un aveuglement en persistant dans leurs convictions.
Je suis d’accord avec toi, c’est vrai, tous les acteurs (la majorité ?) ne persistent pas dans leurs convictions fausses (et c’est heureux!), ou alors temporairement. Mais chez certains oui c’est le cas , et ce sont malheureusement souvent les plus visibles.
Bref, juste à garder en tête quand votre cousine trouve des arguments pas possibles au repas de Noël pour justifier l’injustifiable.
C’est d’ailleurs assez intéressant de lire la façon dont des expériences en psychologie sont mises au point en évitant des biais : il faut manifestement beaucoup d’imagination et une solide rectitude car je peux comprendre que quand on a une certitude intime, on peut être tenté de fermer les yeux sur des biais et de « faire quelques arrangements avec le ciel » !
Sauf erreur, je pense qu’il n’y a qu’en mathématiques qu’on ne peut faire d’erreur. ???