Avant l'apparition des moteurs modernes, les navires fluviaux étaient souvent remorqués par des "toueurs". Utilisés jusqu'au début du XXᵉ siècle, ces bateaux avançaient en s’accrochant à une chaîne posée au fond de l’eau, qu’ils enroulaient autour d’un treuil pour se hisser vers l’avant. Ce système permettait de déplacer de lourds convois, notamment contre le courant.

Commentaires préférés (3)
La photo date de 1256 quand même (blague)
J'aurais pensé qu'on tirait les bateaux, notamment avec des chevaux, depuis les chemins de halage situés le long des canaux
L'un n'empêche pas l'autre.
Le halage est une pratique plus ancienne mais qui a continué à perduré quand le touage s'est mis en place.
Le touage avait l'avantage de tirer plusieurs bateaux et de ne pas nécessiter d'aménagement sur le bord du canal/fleuve. Mais le touage restait techniquement compliqué et cher. Rien qu'avoir une chaine de plusieurs km de long, c'est pas si facile.
Du coup, selon le site, on préférait l'une ou l'autre technique.
Les 2 ont périclité début XX siècle avec l'amélioration des systèmes de propulsion des bateaux.
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On distingue mieux la chaîne sur la photo illustrant le TOUAGE dans wikipedia : fr.wikipedia.org/wiki/Touage#/media/Fichier:CanalStQuentin1.jpg
La photo date de 1256 quand même (blague)
Le Wiki EN est assez bien détaillé. La Seine avait plus de 400 Km de chaine à un moment, c'est impressionnant. Il y a encore quelques rares toueurs en activité en France.
J'aurais pensé qu'on tirait les bateaux, notamment avec des chevaux, depuis les chemins de halage situés le long des canaux
Wikipedia : « Il n'existe plus qu'un seul toueur en activité dans le monde, au souterrain de Riqueval sur le canal de Saint-Quentin. »
fr.wikipedia.org/wiki/Touage
L'un n'empêche pas l'autre.
Le halage est une pratique plus ancienne mais qui a continué à perduré quand le touage s'est mis en place.
Le touage avait l'avantage de tirer plusieurs bateaux et de ne pas nécessiter d'aménagement sur le bord du canal/fleuve. Mais le touage restait techniquement compliqué et cher. Rien qu'avoir une chaine de plusieurs km de long, c'est pas si facile.
Du coup, selon le site, on préférait l'une ou l'autre technique.
Les 2 ont périclité début XX siècle avec l'amélioration des systèmes de propulsion des bateaux.
L'un n'empêche pas l'autre.
Le halage est une pratique plus ancienne mais qui a continué à perduré quand le touage s'est mis en place.
Le touage avait l'avantage de tirer plusieurs bateaux et de ne pas nécessiter d'aménagement sur le bord du canal/fleuve. Mais le touage restait techniquement compliqué et cher. Rien qu'avoir une chaine de plusieurs km de long, c'est pas si facile.
Du coup, selon le site, on préférait l'une ou l'autre technique.
Les 2 ont périclité début XX siècle avec l'amélioration des systèmes de propulsion des bateaux.
(désolé pour doublon, je ne comprends pas ce qui s'est passé...)
Juste ! Désolé j'avais mal lu.
Celà dit, le toueur de Riqueval indique que c'est le dernier "en Europe", et Wikipedia (anglais) indique qu'il y a encore un toueur en activité en Sibérie (https://w.wiki/QpUL , page wiki en russe) donc ce n'est pas le dernier au monde, mais presque.
Ça ne m’étonne pas outre mesure et cela n’a pas une grande importance si ce n’est de mettre en évidence que selon des sources qu’on pourrait croire cohérentes entre elles, il peut y avoir quelques distorsions.
Où est le « dernier des mohicans » et n’y en a-t-il pas plusieurs ?
Et du coup les centaines de kilomètres de chaîne, ils sont restés au fond ?
On rigole mais, j’ai sur un mur de ma salle de restaurant un agrandissement d’une photo carte postale du village, “1647” … nombreux sont les clients à demander si c’est la date de la photo…
Vu que ca pèse dans les 12kg / mètre et vu la valeur du métal à recycler, ca serait étonnant. La chaine de Riqueval doit valoir dans les 15000€ au recyclage aujourd'hui, et probablement 2-3 fois plus à l'époque.
Sauf si t'envisages que pour avoir 15k de chaîne à recycler il faut dépenser 100k en manutention.
Il y a de grandes chances qu'elle soit restée au fond. On appelle ça du scrap steel. Ça n'est pas économiquement rentable de le récupérer. Et l'acier se dégrade rapidement dans l'eau donc ça n'est pas non plus super utile.
La chaîne de 8 km de Riqueval doit toujours être présente puisque le touage fonctionne toujours.
Évidemment, c’était juste un exemple pratique car Riqueval fournit ses longueurs et poids précis, et j’ai estimé que toutes les chaînes étaient à peu près similaires. Le toueur ne pourrait pas touer si la chaîne avait été recyclée…
Ton affirmation me semble un peu trop rapide. C'est vrai que l'acier se dégrade, mais pas si vite que ca, apparemment en opération la chaîne se remplacait tous les 5 à 10 ans environ, mais principalement à cause de l'usure mécanique, notamment celle du treuil. En plus c'était du fer de top qualité, importé tout spécialement d'Angleterre ou de France, car la production locale ne savait pas garantir la qualité de soudure des maillons. Raison de plus d'ailleurs pour le recycler et ne pas le laisser rouiller au fond de la rivière, la valeur est plus grande (et en plus ca peut représenter un petit risque pour la navigation).
Je comprends que relever plusieurs dizaines (centaines) de tonnes de métal de la rivière pourrait couter très cher, comme tu le dis. Ca demande du personnel, et surtout un bateau capable de relever la chaîne du fond, sur toute sa longueur. Eh bien ca tombe bien, tu as sous la main un toueur, une véritable machine à relever la chaîne: tout son principe de fonctionnement consistait justement à hisser la chaîne par la proue, la faire passer sur le pont et la rejeter à l'arrière. Pour récupérer la chaîne, il suffisait au bateau de faire un dernier passage en remontant le courant en gardant la chaîne à bord au lieu de la laisser retomber.
Tu peux même tirer une barge pour le stockage si besoin.
Mais je te rassure, ce n'est pas juste une supposition de ma part. Le recyclage a été bien documenté surtout en Allemagne où le touage était le plus important d'Europe, et les chaînes ont été systématiquement relevées à la fin du service, pas abandonnées (les traductions de l'allemand sont automatiques):
Elbe, 1898 : Quand le touage a été abandonné sur le troncon d'environ 270 km entre Hambourg et Niegripp, les ministres prussiens ont approuvé l'arrêt et la chaîne de cette section a été relevée ("die Kette gehoben").
Saale, 1922 : Le touage sur la Saale a cessé en 1921, et la chaîne a été retirée du fleuve en 1922.
Haute Elbe, 1927 : Le touage a été abandonné sur d'autres grandes sections et les chaînes ont été relevées.
Main, 1938 : La chaîne reposait sur les quelque 396 km navigables entre Mayence et Bamberg, et après 1938 elle a été retirée du Main et "verwertet", c'est-à-dire valorisée/vendue pour sa valeur matérielle. Le récit manuscrit d'un marinier pour une section du bas Main est encore plus direct: à l'ouverture du chenal approfondi en 1921, la chaîne est sortie de l'eau et a été ferraillée, de même que les machines et les chaudières. Les toueurs eux-mêmes ont été vendus et transformés en hangars à bateaux et ateliers flottants.
Il existe même un témoignage de presse: le Frankischer Kurier du 14 mai 1938 décrit le dernier voyage de la "Mainkuh" d'Aschaffenburg à Bamberg, précisant que "sa chaîne quitte maintenant le fleuve pour toujours". L'article évoque la chaîne qui montait des profondeurs, ruisselante, mètre après mètre, "comme un serpent de fer" sur le pont, sous les yeux des badauds.
Bref, je pense que si c'était rentable de le faire en Allemagne, c'était rentable aussi dans les autres pays. Bien sur, il y a eu des exceptions et tous les morceaux n'ont pas été systématiquement retirés. Par exemple, un fragment de chaine a été mis au jour par les basses eaux de l'Elbe près de Dresde en 2003, donc quelques troncons perdus subsistent.
Mais pour relativiser, la chaîne du Main pesait de l'ordre de 4800 tonnes de fer pour ses 396 km. Personne ne laisse ca au fond quand l'outil de levage est déjà amorti et flotte à quai.
Ça marche merci pour les traductions. C'est vrai que les réalités économiques ont évolué, et que les enjeux sont un peu différent de ceux en haute mer.
(Quand je disais qu'elle disparaît rapidement je parlait de plusieurs 10enes d'années. En mer, sans problème particulier d'abrasion ou de corrosion bactérienne elles tiennent une 30ene d'années, et le milieu est plus corrosif)