La flotte ottomane décimée en quelques heures

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En 1571 se déroula au large de la Grèce, la plus grande bataille navale du XVIe siècle. Opposant la flotte ottomane, réputée invincible en Méditerranée, à la coalition de la Sainte Ligue de Don Juan d’Autriche, la Bataille de Lépante se solda par la destruction quasi totale de la marine ottomane.

Coincée dans le golfe de Patras et gênée par des vents défavorables, l’armada ottomane ne put exploiter sa supériorité numérique et fut écrasée en quelques heures.


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a écrit : Ça coûte un bras (à Cervantès)... Anecdote dans l'anecdote, Cervantès et Shakespeare ne sont pas morts le même jour (23/04/1616), contrairement à ce qu'on nous raconte souvent, car si la date semble identique, Cervantès utilisait le calendrier julien et Shakespeare le calendrier grégorien avec donc (à l’époque) 10 jours de décalage

En général en mer, le vent est le même pour tout le monde donc lorsqu'on dit vent défavorable, de quoi parle-t-on ?

Et bien ça dépend.

Dans un cadre général, lors de batailles rangées avec deux lignes, on désigne une flotte au vent et une flotte sous le vent.

-La flotte au vent sera en position offensive, il lui suffit d'abattre (se rapprocher du vent arrière) pour se rapprocher de la ligne adverse et donc accroître la pression. Par contre si la retraite est décidée, il faudra effectuer une manœuvre (virement ou empanage) le tout alors qu'on est sous le feu ennemi. En résumé, on est maître de la bataille et on impose le rythme mais en cas de pépin, on n'a plus une carte en main

-La flotte sous le vent sera en position défensive, souvent, il n'est pas possible de lofer (venir vers le vent de bout) pour agresser l'adversaire par contre il est toujours possible de fuir en abattant. En résumé, on subit la bataille mais on choisit quand on décroche

Vous aurez compris, il n'y a pas tellement une position meilleure que l'autre dans l'absolu, par contre lorsque la côte se rapproche, c'est une autre histoire, on peut envisager de coincer l'adversaire entre la côte et sa ligne le privant de toute sa capacité de manœuvre.


Ensuite, que se passe-t-il en termes de vent lorsque près de la côte?

Il peut y avoir des phénomènes locaux qui modifient le vent sur des distances suffisamment faibles pour ne pas impacter de la même façon tous les navires (probable dans ce cas vu que la flotte est dans un golfe)
Par exemple, dans le cas d'un isthme, le vent est en général fortement accéléré devant l'isthme par effet Bernoulli.
Aussi, lorsqu'un haut obstacle comme une montagne est présent proche du trait de côte, on peut être simplement déventé par l'obstacle ou bien assister à l'effet Foehn qui non seulement va modifier la température et hygrométrie de l'air mais également créer des zones d'écoulement turbulent.
Enfin, près de la côte apparaît le phénomène de vent thermique qui aura toujours tendance à souffler de la mer vers la côte

La formulation de l'anecdote est à saluer. Trop souvent cette bataille est présentée comme un conflit entre une grande alliance des nations chrétiennes et l'empire Ottoman musulman. Elle est même parfois citée comme le moment de la naissance d'une identité européenne unie. Tout cela est bien commode mais c'est oublier un petit détail : la France, pourtant puissance méditerranéenne d'importance, n'est pas présente à la bataille de Lépante. Et pour cause, le royaume de France est à ce moment là allié à l'empire Ottoman. En 1543, la ville de Toulon sera d'ailleurs vidée de sa population par le roi de France afin d'aceuillir la flotte ottomane durant l'hiver, venue l'assister en attaquant Charles Quint, pendant que les français attaquaient les Flandres et l'Espagne. Tout cela a lieu 28 ans avant la bataille de Lépante.

Chose amusante, et qui illustre bien la complexité des relations de l'époque, bien moins binaires qu'on ne l'imagine : le fait d'être alliés à l'empire Ottoman n'était pas forcément avantage pour les marins français qui se faisaient capturer par des corsaires du Maghreb durant les guerres de courses. Durant cette période, corsaires chrétiens et musulmans sillonnaient continuellement la méditerranée, capturant navires et équipages, rançonnant les mieux lotis et envoyant les autres aux galères. On pourrait croire que les navires français seraient épargnés par par exemple les corsaires de Tripoli, censément dans l'aire d'influence de l'empire Ottoman. Mais une région comme Tripoli ne répondait que bon gré mal gré à l'empire Ottoman et tenait à affirmer son autonomie. S'attaquer à des possessions françaises était par conséquent un bon moyen de faire la nique aux turcs sans pour autant entrer directement en conflit avec eux. C'est globalement une période assez passionnante, où l'on pourra être étonné de constater que, malgré les conflits, il était beaucoup plus faciles qu'aujoud'hui pour les populations de l'époque de passer d'un bord à l'autre de


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a écrit : Ça coûte un bras (à Cervantès)... Anecdote dans l'anecdote, Cervantès et Shakespeare ne sont pas morts le même jour (23/04/1616), contrairement à ce qu'on nous raconte souvent, car si la date semble identique, Cervantès utilisait le calendrier julien et Shakespeare le calendrier grégorien avec donc (à l’époque) 10 jours de décalage

En général en mer, le vent est le même pour tout le monde donc lorsqu'on dit vent défavorable, de quoi parle-t-on ?

Et bien ça dépend.

Dans un cadre général, lors de batailles rangées avec deux lignes, on désigne une flotte au vent et une flotte sous le vent.

-La flotte au vent sera en position offensive, il lui suffit d'abattre (se rapprocher du vent arrière) pour se rapprocher de la ligne adverse et donc accroître la pression. Par contre si la retraite est décidée, il faudra effectuer une manœuvre (virement ou empanage) le tout alors qu'on est sous le feu ennemi. En résumé, on est maître de la bataille et on impose le rythme mais en cas de pépin, on n'a plus une carte en main

-La flotte sous le vent sera en position défensive, souvent, il n'est pas possible de lofer (venir vers le vent de bout) pour agresser l'adversaire par contre il est toujours possible de fuir en abattant. En résumé, on subit la bataille mais on choisit quand on décroche

Vous aurez compris, il n'y a pas tellement une position meilleure que l'autre dans l'absolu, par contre lorsque la côte se rapproche, c'est une autre histoire, on peut envisager de coincer l'adversaire entre la côte et sa ligne le privant de toute sa capacité de manœuvre.


Ensuite, que se passe-t-il en termes de vent lorsque près de la côte?

Il peut y avoir des phénomènes locaux qui modifient le vent sur des distances suffisamment faibles pour ne pas impacter de la même façon tous les navires (probable dans ce cas vu que la flotte est dans un golfe)
Par exemple, dans le cas d'un isthme, le vent est en général fortement accéléré devant l'isthme par effet Bernoulli.
Aussi, lorsqu'un haut obstacle comme une montagne est présent proche du trait de côte, on peut être simplement déventé par l'obstacle ou bien assister à l'effet Foehn qui non seulement va modifier la température et hygrométrie de l'air mais également créer des zones d'écoulement turbulent.
Enfin, près de la côte apparaît le phénomène de vent thermique qui aura toujours tendance à souffler de la mer vers la côte

a écrit : En général en mer, le vent est le même pour tout le monde donc lorsqu'on dit vent défavorable, de quoi parle-t-on ?

Et bien ça dépend.

Dans un cadre général, lors de batailles rangées avec deux lignes, on désigne une flotte au vent et une flotte sous le vent.

-La flotte au v
ent sera en position offensive, il lui suffit d'abattre (se rapprocher du vent arrière) pour se rapprocher de la ligne adverse et donc accroître la pression. Par contre si la retraite est décidée, il faudra effectuer une manœuvre (virement ou empanage) le tout alors qu'on est sous le feu ennemi. En résumé, on est maître de la bataille et on impose le rythme mais en cas de pépin, on n'a plus une carte en main

-La flotte sous le vent sera en position défensive, souvent, il n'est pas possible de lofer (venir vers le vent de bout) pour agresser l'adversaire par contre il est toujours possible de fuir en abattant. En résumé, on subit la bataille mais on choisit quand on décroche

Vous aurez compris, il n'y a pas tellement une position meilleure que l'autre dans l'absolu, par contre lorsque la côte se rapproche, c'est une autre histoire, on peut envisager de coincer l'adversaire entre la côte et sa ligne le privant de toute sa capacité de manœuvre.


Ensuite, que se passe-t-il en termes de vent lorsque près de la côte?

Il peut y avoir des phénomènes locaux qui modifient le vent sur des distances suffisamment faibles pour ne pas impacter de la même façon tous les navires (probable dans ce cas vu que la flotte est dans un golfe)
Par exemple, dans le cas d'un isthme, le vent est en général fortement accéléré devant l'isthme par effet Bernoulli.
Aussi, lorsqu'un haut obstacle comme une montagne est présent proche du trait de côte, on peut être simplement déventé par l'obstacle ou bien assister à l'effet Foehn qui non seulement va modifier la température et hygrométrie de l'air mais également créer des zones d'écoulement turbulent.
Enfin, près de la côte apparaît le phénomène de vent thermique qui aura toujours tendance à souffler de la mer vers la côte
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"Enfin, près de la côte apparaît le phénomène de vent thermique qui aura toujours tendance à souffler de la mer vers la côte. " -> "qui aura toujours tendance à souffler de la mer vers la côte la journée, puis à s'inverser le soir"

a écrit : "Enfin, près de la côte apparaît le phénomène de vent thermique qui aura toujours tendance à souffler de la mer vers la côte. " -> "qui aura toujours tendance à souffler de la mer vers la côte la journée, puis à s'inverser le soir" Effectivement, merci pour la précision.
J'étais complètement focus sur le thème de la bataille navale qui, jusqu'à l'invention du radar, se déroule presque exclusivement de jour et j'ai donc omis le cas général de cet effet météorologique

La formulation de l'anecdote est à saluer. Trop souvent cette bataille est présentée comme un conflit entre une grande alliance des nations chrétiennes et l'empire Ottoman musulman. Elle est même parfois citée comme le moment de la naissance d'une identité européenne unie. Tout cela est bien commode mais c'est oublier un petit détail : la France, pourtant puissance méditerranéenne d'importance, n'est pas présente à la bataille de Lépante. Et pour cause, le royaume de France est à ce moment là allié à l'empire Ottoman. En 1543, la ville de Toulon sera d'ailleurs vidée de sa population par le roi de France afin d'aceuillir la flotte ottomane durant l'hiver, venue l'assister en attaquant Charles Quint, pendant que les français attaquaient les Flandres et l'Espagne. Tout cela a lieu 28 ans avant la bataille de Lépante.

Chose amusante, et qui illustre bien la complexité des relations de l'époque, bien moins binaires qu'on ne l'imagine : le fait d'être alliés à l'empire Ottoman n'était pas forcément avantage pour les marins français qui se faisaient capturer par des corsaires du Maghreb durant les guerres de courses. Durant cette période, corsaires chrétiens et musulmans sillonnaient continuellement la méditerranée, capturant navires et équipages, rançonnant les mieux lotis et envoyant les autres aux galères. On pourrait croire que les navires français seraient épargnés par par exemple les corsaires de Tripoli, censément dans l'aire d'influence de l'empire Ottoman. Mais une région comme Tripoli ne répondait que bon gré mal gré à l'empire Ottoman et tenait à affirmer son autonomie. S'attaquer à des possessions françaises était par conséquent un bon moyen de faire la nique aux turcs sans pour autant entrer directement en conflit avec eux. C'est globalement une période assez passionnante, où l'on pourra être étonné de constater que, malgré les conflits, il était beaucoup plus faciles qu'aujoud'hui pour les populations de l'époque de passer d'un bord à l'autre de

*d'un bord à l'autre de la Méditerranée. (Aucune idée de pourquoi le message a été coupé)

a écrit : La formulation de l'anecdote est à saluer. Trop souvent cette bataille est présentée comme un conflit entre une grande alliance des nations chrétiennes et l'empire Ottoman musulman. Elle est même parfois citée comme le moment de la naissance d'une identité européenne unie. Tout cela est bien commode mais c'est oublier un petit détail : la France, pourtant puissance méditerranéenne d'importance, n'est pas présente à la bataille de Lépante. Et pour cause, le royaume de France est à ce moment là allié à l'empire Ottoman. En 1543, la ville de Toulon sera d'ailleurs vidée de sa population par le roi de France afin d'aceuillir la flotte ottomane durant l'hiver, venue l'assister en attaquant Charles Quint, pendant que les français attaquaient les Flandres et l'Espagne. Tout cela a lieu 28 ans avant la bataille de Lépante.

Chose amusante, et qui illustre bien la complexité des relations de l'époque, bien moins binaires qu'on ne l'imagine : le fait d'être alliés à l'empire Ottoman n'était pas forcément avantage pour les marins français qui se faisaient capturer par des corsaires du Maghreb durant les guerres de courses. Durant cette période, corsaires chrétiens et musulmans sillonnaient continuellement la méditerranée, capturant navires et équipages, rançonnant les mieux lotis et envoyant les autres aux galères. On pourrait croire que les navires français seraient épargnés par par exemple les corsaires de Tripoli, censément dans l'aire d'influence de l'empire Ottoman. Mais une région comme Tripoli ne répondait que bon gré mal gré à l'empire Ottoman et tenait à affirmer son autonomie. S'attaquer à des possessions françaises était par conséquent un bon moyen de faire la nique aux turcs sans pour autant entrer directement en conflit avec eux. C'est globalement une période assez passionnante, où l'on pourra être étonné de constater que, malgré les conflits, il était beaucoup plus faciles qu'aujoud'hui pour les populations de l'époque de passer d'un bord à l'autre de
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Merci pour ce commentaire passionnant.
Je me permets de compléter tes propos sur le volet maritime. Si la France à cette époque est alliée à l'empire ottoman, pourquoi n'a-t-elle pas prêté main forte à la flotte ottomane à Lépante ? Ou encore, pourquoi la France ne lance pas d'opération de grande ampleur contre les corsaires en Méditerranée ?

Et bien c'est très simple, à cette époque là, la France est totalement dépourvue de marine militaire.
En effet, après le décès de Jean de Vienne en 1396, la flotte française est abandonnée, les bateaux se retrouvent à pourrir dans des vasières, si bien qu'arrivé au XVIème siècle, la France est une puissance exclusivement continentale. Il faudra attendre 1626 pour que Richelieu crée la marine nationale (généralement appelée la Royale). Celà ne vous aura peut-être pas échappé, en ce moment la marine nationale communique énormément pour fêter ses 400 ans. D'ailleurs, la monnaie de Paris a frappé une pièce à l'effigie des 400 ans de la marine nationale et cette pièce est sortie il y a 3 jours. C'est un avis tout à fait personnel mais trouve cette pièce absolument magnifique

Dans la chrétienté, la bataille de Lépante est également associé à Marie, et plus particulièrement la prière du rosaire (plus connu sous le nom de chapelet).

Le pape Pie V (canonisé par la suite) demande à ce que les fidèles prient pour la victoire. Outre la "prière des 40 heures", c'est à dire un relai continu pendant 40 heures devant le saint sacrement (hostie consacré dans laquelle les chrétiens croient à la présence réelle de Jésus), la prière du rosaire se répand. Selon la légende, cette prière, qui n'étais alors que peu récité, a été reçu par Saint Dominique, le fondateur de l'ordre des dominicains, dont est issu Pie V.

Pie V aurait été informé de l'issue de la bataille instantanément alors qu'il était à plus de 1000 km de Rome. Voici un extrait du site "tradition monastique" qui l'expliquera mieux que moi :
Alors qu'il examine des comptes en présence de prélats, "tout à coup, comme mû par une impulsion invincible , il se lève, s'approche d'une fenêtre, l'ouvre, regarde l'Orient, demeure en contemplation, puis se retourne vers ses serviteurs, les yeux brillants encore de l'extase : « Ne nous occupons plus d'affaires, dit-il, mais allons remercier Dieu. L'armée chrétienne vient de remporter la victoire ». Il reçoit la confirmation de cette victoire dans la nuit du 24 octobre ; "il ordonna que tous les hôtes du Vatican fussent réveillés et le suivissent à sa chapelle afin d'y glorifier la munificence de Dieu. Le lendemain, Rome retentit des volées joyeuses de toutes les cloches, des acclamations enthousiastes de toute la foule et du chant du Te Deum."

En mémoire de cette bataille et de l'intercession de Marie, la fête liturgique de Notre-Dame de la Victoire puis (renommé Notre-Dame du Rosaire) a été institué le 7 octobre, depuis octobre est le mois du rosaire.

Et pour finir, vous comprenez maintenant pourquoi dans beaucoup de représentation de la bataille de Lépante il y a un "encart" avec le pape priant un rosaire à la main avec d'autres prélats la Vierge Marie. Pour les lyonnais, vous pouvez monter à Notre-Dame de Fourvière où vous y trouverez une mosaïque de cet épisode

Le niveau des commentaires, j’adore !
Merci à tous c’était passionnant a lire !