Fujio Masuoka rapporta des milliards mais n’en vit jamais la couleur

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Dans les années 1980, l'ingénieur Fujio Masuoka conçut les deux types de mémoires flash utilisés en informatique (NOR et NAND). Il n’obtint qu’une prime de quelques centaines de dollars de la part de son employeur, Toshiba. Dans les années suivantes, plusieurs entreprises, comme Intel, engrangèrent des milliards de dollars grâce à cette technologie.


Commentaires préférés (3)

On parle de mémoire flash NOR et NAND parce qu’il existe deux architectures matérielles fondamentalement différentes pour réaliser une mémoire (dite non volatile à base de transistors sur grille flottante = terme à ressortir au prochain repas de famille). Les termes NOR et NAND décrivent directement la topologie logique des cellules mémoire, inspirée des portes logiques correspondantes (portes OU et ET).

Dans une mémoire NOR, les cellules mémoire sont connectées en parallèle. Chaque cellule est adressable individuellement, ce qui permet un accès aléatoire rapide et surtout l’exécution directe du code en mémoire (execute-in-place). En contrepartie, la densité est faible, la surface silicium par bit élevée et le coût important. Le NOR est donc utilisé là où le déterminisme et la fiabilité priment avant tout : firmware, BIOS, microcontrôleurs, systèmes embarqués critiques. Bref c'est lent et cher mais c'est sûr et fiable.

Dans une mémoire NAND, les cellules sont connectées en série par groupes. L’accès se fait par pages et blocs, avec des débits élevés et une très forte densité, mais au prix d’une gestion plus complexe et de l’impossibilité d’exécuter le code directement sans passer par de la RAM. Le NAND est optimisé pour le stockage de masse : SSD ou clés USB principalement. C'est rapide et économique mais source d'erreur.

Parfois on entend que le NAND aurait remplacé le NOR. Si le coût par bit était le seul critère, le NOR aurait disparu. Or, dans de nombreux systèmes embarqués, la capacité est secondaire face aux exigences de temps réel, simplicité d’architecture et sûreté de fonctionnement donc aujourd'hui on garde les deux.

a écrit : Le commercial qui réussit à vendre un porte-avions à plusieurs milliards ne touche pas non n plus des milliards de prime. C'est le jeu quand on est employé. Il faut d'ailleurs faire gaffe (surtout au USA) car ce que vous fabriquez durant votre temps libre peut également être la propriété de votre employeur si vous utilisez des compétences apprises avec l'entreprise.

J'avais pu lire une histoire au USA sur un ingénieur qui fabriquait des petits drones sur son temps libre et qui s'est vu refusé la propriété intellectuel des objets car il était ingénieur en robotique.

a écrit : Intéressant. Tu peux développer ? En vérifiant, même en France il faut faire attention.

"Principe général – Code de la propriété intellectuelle (CPI)
Toute invention réalisée par un salarié doit être analysée au regard de son lien avec le contrat de travail, indépendamment du lieu, du temps ou des moyens matériels utilisés.

Inventions réalisées dans le cadre d’une mission :
Lorsqu’un salarié est engagé pour inventer, ou lorsque l’invention résulte directement de fonctions comportant une activité inventive confiée par l’employeur, l’invention appartient de plein droit à l’employeur. Le salarié conserve uniquement un droit à une rémunération supplémentaire, selon les conditions prévues par l’entreprise ou les accords collectifs.

Inventions réalisées hors mission mais attribuables :
Lorsqu’une invention est conçue en dehors des missions explicites du salarié, mais qu’elle présente un lien suffisant avec l’entreprise, l’employeur peut en revendiquer la propriété ou l’usage. Ce lien est caractérisé notamment lorsque l’invention :
relève du domaine d’activité de l’entreprise, est rendue possible par les connaissances techniques, méthodes, données ou savoir-faire acquis dans le cadre de l’emploi ou s’appuie sur des informations non publiques obtenues grâce au poste occupé.
Dans ce cas, l’employeur dispose d’un droit d’attribution, en contrepartie du versement d’un juste prix au salarié.

Inventions hors mission non attribuables :
Une invention appartient au salarié uniquement si elle est conçue sans lien avec l’entreprise, sans rapport avec son activité professionnelle, et sans utilisation directe ou indirecte des connaissances issues de son emploi.
La charge de démontrer cette indépendance repose en pratique sur le salarié.

Obligation de déclaration :
Tout salarié-inventeur est tenu de déclarer ses inventions à son employeur, y compris lorsqu’il estime qu’elles lui appartiennent. Cette déclaration permet à l’employeur d’exercer, le cas échéant, son droit de revendication ou de renonciation."


Je ne retrouve plus mon affaire de drone mais les affaires habituelles en france sur ce genre de cas sont surtout des dév de logiciel dans un cadre privé qui sont récupéré par l'entreprise si elle en a connaissances.


Tous les commentaires (11)

On parle de mémoire flash NOR et NAND parce qu’il existe deux architectures matérielles fondamentalement différentes pour réaliser une mémoire (dite non volatile à base de transistors sur grille flottante = terme à ressortir au prochain repas de famille). Les termes NOR et NAND décrivent directement la topologie logique des cellules mémoire, inspirée des portes logiques correspondantes (portes OU et ET).

Dans une mémoire NOR, les cellules mémoire sont connectées en parallèle. Chaque cellule est adressable individuellement, ce qui permet un accès aléatoire rapide et surtout l’exécution directe du code en mémoire (execute-in-place). En contrepartie, la densité est faible, la surface silicium par bit élevée et le coût important. Le NOR est donc utilisé là où le déterminisme et la fiabilité priment avant tout : firmware, BIOS, microcontrôleurs, systèmes embarqués critiques. Bref c'est lent et cher mais c'est sûr et fiable.

Dans une mémoire NAND, les cellules sont connectées en série par groupes. L’accès se fait par pages et blocs, avec des débits élevés et une très forte densité, mais au prix d’une gestion plus complexe et de l’impossibilité d’exécuter le code directement sans passer par de la RAM. Le NAND est optimisé pour le stockage de masse : SSD ou clés USB principalement. C'est rapide et économique mais source d'erreur.

Parfois on entend que le NAND aurait remplacé le NOR. Si le coût par bit était le seul critère, le NOR aurait disparu. Or, dans de nombreux systèmes embarqués, la capacité est secondaire face aux exigences de temps réel, simplicité d’architecture et sûreté de fonctionnement donc aujourd'hui on garde les deux.

a écrit : Le commercial qui réussit à vendre un porte-avions à plusieurs milliards ne touche pas non n plus des milliards de prime. C'est le jeu quand on est employé. Il faut d'ailleurs faire gaffe (surtout au USA) car ce que vous fabriquez durant votre temps libre peut également être la propriété de votre employeur si vous utilisez des compétences apprises avec l'entreprise.

J'avais pu lire une histoire au USA sur un ingénieur qui fabriquait des petits drones sur son temps libre et qui s'est vu refusé la propriété intellectuel des objets car il était ingénieur en robotique.

Le commercial qui réussit à vendre un porte-avions à plusieurs milliards ne touche pas non n plus des milliards de prime. C'est le jeu quand on est employé.

a écrit : Il faut d'ailleurs faire gaffe (surtout au USA) car ce que vous fabriquez durant votre temps libre peut également être la propriété de votre employeur si vous utilisez des compétences apprises avec l'entreprise.

J'avais pu lire une histoire au USA sur un ingénieur qui fabriquait des petit
s drones sur son temps libre et qui s'est vu refusé la propriété intellectuel des objets car il était ingénieur en robotique. Afficher tout
Intéressant. Tu peux développer ?

a écrit : Intéressant. Tu peux développer ? En vérifiant, même en France il faut faire attention.

"Principe général – Code de la propriété intellectuelle (CPI)
Toute invention réalisée par un salarié doit être analysée au regard de son lien avec le contrat de travail, indépendamment du lieu, du temps ou des moyens matériels utilisés.

Inventions réalisées dans le cadre d’une mission :
Lorsqu’un salarié est engagé pour inventer, ou lorsque l’invention résulte directement de fonctions comportant une activité inventive confiée par l’employeur, l’invention appartient de plein droit à l’employeur. Le salarié conserve uniquement un droit à une rémunération supplémentaire, selon les conditions prévues par l’entreprise ou les accords collectifs.

Inventions réalisées hors mission mais attribuables :
Lorsqu’une invention est conçue en dehors des missions explicites du salarié, mais qu’elle présente un lien suffisant avec l’entreprise, l’employeur peut en revendiquer la propriété ou l’usage. Ce lien est caractérisé notamment lorsque l’invention :
relève du domaine d’activité de l’entreprise, est rendue possible par les connaissances techniques, méthodes, données ou savoir-faire acquis dans le cadre de l’emploi ou s’appuie sur des informations non publiques obtenues grâce au poste occupé.
Dans ce cas, l’employeur dispose d’un droit d’attribution, en contrepartie du versement d’un juste prix au salarié.

Inventions hors mission non attribuables :
Une invention appartient au salarié uniquement si elle est conçue sans lien avec l’entreprise, sans rapport avec son activité professionnelle, et sans utilisation directe ou indirecte des connaissances issues de son emploi.
La charge de démontrer cette indépendance repose en pratique sur le salarié.

Obligation de déclaration :
Tout salarié-inventeur est tenu de déclarer ses inventions à son employeur, y compris lorsqu’il estime qu’elles lui appartiennent. Cette déclaration permet à l’employeur d’exercer, le cas échéant, son droit de revendication ou de renonciation."


Je ne retrouve plus mon affaire de drone mais les affaires habituelles en france sur ce genre de cas sont surtout des dév de logiciel dans un cadre privé qui sont récupéré par l'entreprise si elle en a connaissances.

a écrit : En vérifiant, même en France il faut faire attention.

"Principe général – Code de la propriété intellectuelle (CPI)
Toute invention réalisée par un salarié doit être analysée au regard de son lien avec le contrat de travail, indépendamment du lieu, du temps ou des moyens matériels utilisés.
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Inventions réalisées dans le cadre d’une mission :
Lorsqu’un salarié est engagé pour inventer, ou lorsque l’invention résulte directement de fonctions comportant une activité inventive confiée par l’employeur, l’invention appartient de plein droit à l’employeur. Le salarié conserve uniquement un droit à une rémunération supplémentaire, selon les conditions prévues par l’entreprise ou les accords collectifs.

Inventions réalisées hors mission mais attribuables :
Lorsqu’une invention est conçue en dehors des missions explicites du salarié, mais qu’elle présente un lien suffisant avec l’entreprise, l’employeur peut en revendiquer la propriété ou l’usage. Ce lien est caractérisé notamment lorsque l’invention :
relève du domaine d’activité de l’entreprise, est rendue possible par les connaissances techniques, méthodes, données ou savoir-faire acquis dans le cadre de l’emploi ou s’appuie sur des informations non publiques obtenues grâce au poste occupé.
Dans ce cas, l’employeur dispose d’un droit d’attribution, en contrepartie du versement d’un juste prix au salarié.

Inventions hors mission non attribuables :
Une invention appartient au salarié uniquement si elle est conçue sans lien avec l’entreprise, sans rapport avec son activité professionnelle, et sans utilisation directe ou indirecte des connaissances issues de son emploi.
La charge de démontrer cette indépendance repose en pratique sur le salarié.

Obligation de déclaration :
Tout salarié-inventeur est tenu de déclarer ses inventions à son employeur, y compris lorsqu’il estime qu’elles lui appartiennent. Cette déclaration permet à l’employeur d’exercer, le cas échéant, son droit de revendication ou de renonciation."


Je ne retrouve plus mon affaire de drone mais les affaires habituelles en france sur ce genre de cas sont surtout des dév de logiciel dans un cadre privé qui sont récupéré par l'entreprise si elle en a connaissances.
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Et si on démissionne la veille de déposer le brevet?

a écrit : Et si on démissionne la veille de déposer le brevet? A priori ce n'est pas on cherche puis on trouve.
Le coût de la recherche développement a été supporté par l'entreprise, qui devait être assez conséquent .

Pour info le N de NOR et NAND signifie "non", la négation logique, donc l'inverse de OR et AND.

Exemple avec 2 bits, 1 et 1 ça ferait 1, en NAND ça fait 0.

A=0, B=0 => AND=0, NAND=1
A=1, B=0 => AND=0, NAND=1
A=0, B=1 => AND=0, NAND=1
A=1, B=1 => AND=1, NAND=0

A=0, B=0 => OR=0, NOR=1
A=1, B=0 => OR=1, NOR=0
A=0, B=1 => OR=1, NOR=0
A=1, B=1 => OR=1, NOR=0

a écrit : Pour info le N de NOR et NAND signifie "non", la négation logique, donc l'inverse de OR et AND.

Exemple avec 2 bits, 1 et 1 ça ferait 1, en NAND ça fait 0.

A=0, B=0 => AND=0, NAND=1
A=1, B=0 => AND=0, NAND=1
A=0, B=1 => AND=0, NAND=1
A=1, B=1 => AN
D=1, NAND=0

A=0, B=0 => OR=0, NOR=1
A=1, B=0 => OR=1, NOR=0
A=0, B=1 => OR=1, NOR=0
A=1, B=1 => OR=1, NOR=0
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Vous n'avez pas fait d'erreur? à : A et B =0 => NAND=1 ; A ou B=0 => NOR=1 ?

a écrit : Vous n'avez pas fait d'erreur? à : A et B =0 => NAND=1 ; A ou B=0 => NOR=1 ? Non a priori c'est bon.

Si A et B sont à 0, ça fait 0, donc l'inverse est 1.
Si A ou B sont à 0, ça fait 0, donc l'inverse est 1.

Que ce soit un ET ou un OU "0,0" ça fera toujours 0, et donc toujours 1 en inverse.

a écrit : Non a priori c'est bon.

Si A et B sont à 0, ça fait 0, donc l'inverse est 1.
Si A ou B sont à 0, ça fait 0, donc l'inverse est 1.

Que ce soit un ET ou un OU "0,0" ça fera toujours 0, et donc toujours 1 en inverse.
ok, désolé, merci