Le mot "vintage", qui désigne aujourd'hui le caractère rétro d'un objet, est prononcé à l'anglaise. Il est pourtant d'origine française : c'était un terme viticole désignant notamment un porto d'un millésime particulier. Il a ensuite évolué en anglais avant de prendre son sens actuel.

Commentaires préférés (3)
J’ai toujours cru que cela venait de “vingt ans d’âge”
Lire : « Liaisons généreuses - L’apport du français à la langue anglaise » de Thora van Male (2010)
« À l'heure où, en France, on entend vociférer contre l'envahissement de la langue anglaise, Thora van Male prend résolument le contre-pied de ces lamentos. Elle étudie avec une véritable érudition (qui n'oublie pas de rester ludique) ce qui manquerait à l'anglais si, le 14 octobre 1066, à la bataille de Hastings, Harold Godwinson, dernier roi anglo-saxon d'Angleterre, n'avait reçu dans l'oil une flèche décochée par un des soldats de Guillaume le Conquérant.
Près de mille ans après, l'envahisseur français est encore archi-présent dans la langue anglaise, et Thora van Male passe en revue le lexique de nos voisins, classant en deux grands apports le vocabulaire venu du français :
les milliers de mots offerts par le français à l'anglais depuis 1066, et dont l'origine française est peu ou n'est pas ressentie par les Anglais ;
le vocabulaire d'emprunt récent (c'est-à-dire ayant traversé la Manche au cours des trois derniers siècles).
La démonstration, preuves à l'appui, est stupéfiante, et l'on n'est pas loin de conclure que, sans la langue française, l'anglais, tout simplement, n'existerait pas ! En effet, il y a aujourd'hui dans cette langue plus de mots empruntés que de mots anglo-saxons proprement dits.
À l'aide de tableaux, d'exemples convaincants et d'illustrations parlantes, la démonstration de Thora van Male a de quoi consoler ceux qui se lamentent contre l'intrusion de l'anglais dans notre langue. »
Thora van Male (1948 - 2016) est originaire de Colombie britannique, elle enseignait à l'université de Grenoble.
Ce phénomène linguistique s'appelle le réemprunt ou le prêté-rendu lorsqu'un mot d'une langue est emprunté par un voisin avant de revenir déformé.
Les exemples ne manquent pas donc je vais vous en faire une petite liste sous la forme suivante : mot en vieux français -> mot en anglais -> mot en français contemporain
Fleureter/compter fleurette -> flirt-> flirter
Tenez -> tennis -> tennis
Magasin -> magazine -> magazine
Étendard -> standard -> standard
Bougette (petit sac en cuir/bourse) -> budget -> budget
Recorder (se rappeler) -> record -> record
Tonelle -> tunnel -> tunnel
Il y a même des cas (en fin j'en connais au moins un) de double prêté-rendu comme avec la cotte (sorte d'habits que les chevaliers portaient par dessus l'armure) qui deviendra rinding coat en anglais, reviendra en français avec redingote et retournera en anglais en redingote
Tous les commentaires (11)
J’ai toujours cru que cela venait de “vingt ans d’âge”
Ah ben alors ça... Je n'aurai jamais imaginé. Merci pour l'info
Au moins 2 autres anglicismes prononcés à l'anglaise ont pourtant une origine française : toast et spoiler (qui à la même origine que le verbe spolier)
Il y en a probablement beaucoup d'autres tant ces deux langues sont historiquement liées.
Lire : « Liaisons généreuses - L’apport du français à la langue anglaise » de Thora van Male (2010)
« À l'heure où, en France, on entend vociférer contre l'envahissement de la langue anglaise, Thora van Male prend résolument le contre-pied de ces lamentos. Elle étudie avec une véritable érudition (qui n'oublie pas de rester ludique) ce qui manquerait à l'anglais si, le 14 octobre 1066, à la bataille de Hastings, Harold Godwinson, dernier roi anglo-saxon d'Angleterre, n'avait reçu dans l'oil une flèche décochée par un des soldats de Guillaume le Conquérant.
Près de mille ans après, l'envahisseur français est encore archi-présent dans la langue anglaise, et Thora van Male passe en revue le lexique de nos voisins, classant en deux grands apports le vocabulaire venu du français :
les milliers de mots offerts par le français à l'anglais depuis 1066, et dont l'origine française est peu ou n'est pas ressentie par les Anglais ;
le vocabulaire d'emprunt récent (c'est-à-dire ayant traversé la Manche au cours des trois derniers siècles).
La démonstration, preuves à l'appui, est stupéfiante, et l'on n'est pas loin de conclure que, sans la langue française, l'anglais, tout simplement, n'existerait pas ! En effet, il y a aujourd'hui dans cette langue plus de mots empruntés que de mots anglo-saxons proprement dits.
À l'aide de tableaux, d'exemples convaincants et d'illustrations parlantes, la démonstration de Thora van Male a de quoi consoler ceux qui se lamentent contre l'intrusion de l'anglais dans notre langue. »
Thora van Male (1948 - 2016) est originaire de Colombie britannique, elle enseignait à l'université de Grenoble.
Ce phénomène linguistique s'appelle le réemprunt ou le prêté-rendu lorsqu'un mot d'une langue est emprunté par un voisin avant de revenir déformé.
Les exemples ne manquent pas donc je vais vous en faire une petite liste sous la forme suivante : mot en vieux français -> mot en anglais -> mot en français contemporain
Fleureter/compter fleurette -> flirt-> flirter
Tenez -> tennis -> tennis
Magasin -> magazine -> magazine
Étendard -> standard -> standard
Bougette (petit sac en cuir/bourse) -> budget -> budget
Recorder (se rappeler) -> record -> record
Tonelle -> tunnel -> tunnel
Il y a même des cas (en fin j'en connais au moins un) de double prêté-rendu comme avec la cotte (sorte d'habits que les chevaliers portaient par dessus l'armure) qui deviendra rinding coat en anglais, reviendra en français avec redingote et retournera en anglais en redingote
Et puis c’est bien connu, l’anglais n’est que du français mal prononcé.
Il existe de plus quelques 3000 mots qui s'écrivent de manière identique en français et en anglais (mais se prononcent différemment, bien sûr - ex : moustache).
Question : Peut-on envisager, compte tenu du déplacement de l'épicentre économique et culturel mondial vers l'Asie, une sinisation progressive de certaines langues, dont la notre, sous l'influence croissante de la Chine ?
Ou ce phénomènes ne peut etre dû qu'avec la complicité de la proximité géographique? L air d internet peut-il pallier a cette éventuelle obligation historique ?
Sinon, merci pour ce complément d informations.
Je fait parti de ceux qui redoute l anglicisme de plus en plus prépondérant dans notre langue (je suis pour ma part trilingues, français, anglais, italien )
j etais loins de comprendre a quelle point l histoire relie l anglais au francais, peut-être autant que l italien au francais par leurs racine latine.
Meme si j avais noté les similitudes, le phénomènes de réemprunt est quelque part rassurant.
En lisant ton commentaire je découvre que “trench coat” est donc un double réemprunt sur deux époques différentes :
Le coat qui vient de cotte comme tu le mentionnes, et trench qui vient de “tranchée” où ce type de manteau était utilisé (pendant la WWI)
Le cochon s’enfilant « de la barbe au cul » avant d’être suspendu au-dessus des flammes, nos voisins ont repris l’expression en la prononçant à l’anglaise (« de la bawbokiou »), donnant naissance au « barbecue », que nous leur avons repris en oubliant que nous l’avions inventé.
Autre exemple : Chalange