Un incendie qui aurait pu être évité

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Le 27 janvier 1967, trois astronautes américains périrent dans l'incendie de leur module de commande lors d'un entraînement au sol. Cette tragédie aurait peut-être pu être évitée si l'URSS n'avait pas gardé le silence sur un accident similaire survenu six ans plus tôt : en 1961, le cosmonaute soviétique Valentin Bondarenko mourut dans un incendie déclenché lors d'un entraînement en atmosphère riche en oxygène.

L'URSS conserva toutefois cet accident secret pendant vingt-cinq ans.


Commentaires préférés (3)

En 1967, les risques d'une atmosphère pressurisée avec 100% d'oxygène dans un compartiment scellé étaient très bien connus de la NASA, donc le "peut-être" de l'anecdote est bien placé.
Dans ces conditions ou la pression partielle d'oxygène est 3x celle de l'atmosphère, des matériaux considérés habituelement non-combustibles peuvent devenir combustibles.

On a l'enregistrement des dernières secondes :
www.youtube.com/watch?v=3QNym-fPtlg
C'est d'ailleurs plutôt terrifiant.

Voila le résumé des faits (remis en forme par Claude sur base de plusieurs sources) :
"Le 27 janvier 1967, lors d'un essai au sol, un arc électrique dans un câblage mal protégé a déclenché un incendie dans le module de commande d'Apollo 1, propagé en quelques secondes par l'atmosphère 100% oxygène pur en surpression (16,7 psi) et les matériaux inflammables (velcro, nylon) présents en cabine ; les trois astronautes (Grissom, White, Chaffee) sont morts en 17 secondes, incapables d'ouvrir l'écoutille de type porte-bouchon, qui nécessitait environ 90 secondes de manœuvres et ne pouvait pas s'ouvrir contre la pression interne.
La NASA et son contractant North American Aviation connaissaient déjà ces risques : plus de 600 rapports d'anomalies techniques non résolus, un précédent incendie en 1966 sur un module en construction, et un document interne critique (le "Phillips Report") signalaient déjà des problèmes de câblage et de qualité, sans que ces alertes n'aient conduit à une remise en cause avant l'accident.
En réponse, la NASA a suspendu le programme 21 mois et imposé une refonte complète : écoutille à ouverture rapide vers l'extérieur (~3 secondes), atmosphère au sol passée à un mélange 60% azote/40% oxygène (oxygène pur uniquement en vol à basse pression), suppression des matériaux inflammables, câblage renforcé et isolé, et création d'un processus formel de revue sécurité qui n'existait pas jusque-là."

Finalement c'est l'une des premières fois où la nasa a inclue la sécurité des occupants dans les process. Chose auparavant plus ou moins ignorée pour des raisons calendaires liées à la course à la Lune avec l'URSS. La petite attaque sur les russes est à mon avis de trop et on est même proche de la désinformation. Car des "secrets industriels" qui causent des accidents chez la concurrence, il y en a tout le temps... malheureusement mais ici ce n'est même le cas car l'incendie aurait effectivement pu être évité si la NASA avait lu ses propres rapports.

a écrit : Si tu as trouvé l’enregistrement terrifiant, ne va pas lire le compte-rendu, les combinaisons des victimes étaient en nylon… Dans leur malheur ça a presque été "bénéfique" , d'après l'autopsie ils sont morts d'un arrêt cardiaque (les combinaisons ayant fondu laissant entrer les gaz mortels) , apparemment les brûlures constatées sur les corps ont été faites après le décès.
C'est vraiment horrible mais comme je le disais au début , la mort a été très rapide, à peine quelques secondes , ce qui est déjà long mais bien moins long et douloureux que de périr uniquement par le feux.

Ils s'entrainaient , se préparaient pour aller dans l'espace , forcement un rêve pour eux , ils ont perì dans un vaisseau ... au sol , tout est horrible dans cette histoire .


Tous les commentaires (13)

En 1967, les risques d'une atmosphère pressurisée avec 100% d'oxygène dans un compartiment scellé étaient très bien connus de la NASA, donc le "peut-être" de l'anecdote est bien placé.
Dans ces conditions ou la pression partielle d'oxygène est 3x celle de l'atmosphère, des matériaux considérés habituelement non-combustibles peuvent devenir combustibles.

Un "coup des Russes"?
avec l'atmosphère guerrière bien entretenue par nos dirigeants (des deux côtés), faut pas s'étonner
faut faire gaffe quand même, si on a gagné la guerre de Crimée (1856), ils ont défilé et bivouaqué sur les Champs Élysées en 1814, après avoir assiégé Paris

On a l'enregistrement des dernières secondes :
www.youtube.com/watch?v=3QNym-fPtlg
C'est d'ailleurs plutôt terrifiant.

Voila le résumé des faits (remis en forme par Claude sur base de plusieurs sources) :
"Le 27 janvier 1967, lors d'un essai au sol, un arc électrique dans un câblage mal protégé a déclenché un incendie dans le module de commande d'Apollo 1, propagé en quelques secondes par l'atmosphère 100% oxygène pur en surpression (16,7 psi) et les matériaux inflammables (velcro, nylon) présents en cabine ; les trois astronautes (Grissom, White, Chaffee) sont morts en 17 secondes, incapables d'ouvrir l'écoutille de type porte-bouchon, qui nécessitait environ 90 secondes de manœuvres et ne pouvait pas s'ouvrir contre la pression interne.
La NASA et son contractant North American Aviation connaissaient déjà ces risques : plus de 600 rapports d'anomalies techniques non résolus, un précédent incendie en 1966 sur un module en construction, et un document interne critique (le "Phillips Report") signalaient déjà des problèmes de câblage et de qualité, sans que ces alertes n'aient conduit à une remise en cause avant l'accident.
En réponse, la NASA a suspendu le programme 21 mois et imposé une refonte complète : écoutille à ouverture rapide vers l'extérieur (~3 secondes), atmosphère au sol passée à un mélange 60% azote/40% oxygène (oxygène pur uniquement en vol à basse pression), suppression des matériaux inflammables, câblage renforcé et isolé, et création d'un processus formel de revue sécurité qui n'existait pas jusque-là."

Finalement c'est l'une des premières fois où la nasa a inclue la sécurité des occupants dans les process. Chose auparavant plus ou moins ignorée pour des raisons calendaires liées à la course à la Lune avec l'URSS. La petite attaque sur les russes est à mon avis de trop et on est même proche de la désinformation. Car des "secrets industriels" qui causent des accidents chez la concurrence, il y en a tout le temps... malheureusement mais ici ce n'est même le cas car l'incendie aurait effectivement pu être évité si la NASA avait lu ses propres rapports.

DONC ENCORE UNE FOIS GENRE "C'EST A CAUSE DES RUSSES SI ILS SONT MORT CAR ILS N'ONT PAS PARTAGER LEUR RECHERCHE"?
J'adore comment vous tourné toujours la faute sur les russe....
"Ils y'as eu des essais d'irradiation sur des humains au usa "
"Oui mais les russes ils ont fait ça sur des bébés donc chonte a eux"

a écrit : DONC ENCORE UNE FOIS GENRE "C'EST A CAUSE DES RUSSES SI ILS SONT MORT CAR ILS N'ONT PAS PARTAGER LEUR RECHERCHE"?
J'adore comment vous tourné toujours la faute sur les russe....
"Ils y'as eu des essais d'irradiation sur des humains au usa "
"Oui mais les russes ils ont fait ça sur des bébés donc chonte a eux"
Euuuuh quand tu dis « vous » tu penses à qui ?

Triste concurrence. Ne parle t'on pas de spationaute pour les américains voyageurs de l'espace ?

a écrit : On a l'enregistrement des dernières secondes :
www.youtube.com/watch?v=3QNym-fPtlg
C'est d'ailleurs plutôt terrifiant.

Voila le résumé des faits (remis en forme par Claude sur base de plusieurs sources) :
"Le 27 janvier 1967, lors d'un essai au sol, un
arc électrique dans un câblage mal protégé a déclenché un incendie dans le module de commande d'Apollo 1, propagé en quelques secondes par l'atmosphère 100% oxygène pur en surpression (16,7 psi) et les matériaux inflammables (velcro, nylon) présents en cabine ; les trois astronautes (Grissom, White, Chaffee) sont morts en 17 secondes, incapables d'ouvrir l'écoutille de type porte-bouchon, qui nécessitait environ 90 secondes de manœuvres et ne pouvait pas s'ouvrir contre la pression interne.
La NASA et son contractant North American Aviation connaissaient déjà ces risques : plus de 600 rapports d'anomalies techniques non résolus, un précédent incendie en 1966 sur un module en construction, et un document interne critique (le "Phillips Report") signalaient déjà des problèmes de câblage et de qualité, sans que ces alertes n'aient conduit à une remise en cause avant l'accident.
En réponse, la NASA a suspendu le programme 21 mois et imposé une refonte complète : écoutille à ouverture rapide vers l'extérieur (~3 secondes), atmosphère au sol passée à un mélange 60% azote/40% oxygène (oxygène pur uniquement en vol à basse pression), suppression des matériaux inflammables, câblage renforcé et isolé, et création d'un processus formel de revue sécurité qui n'existait pas jusque-là."

Finalement c'est l'une des premières fois où la nasa a inclue la sécurité des occupants dans les process. Chose auparavant plus ou moins ignorée pour des raisons calendaires liées à la course à la Lune avec l'URSS. La petite attaque sur les russes est à mon avis de trop et on est même proche de la désinformation. Car des "secrets industriels" qui causent des accidents chez la concurrence, il y en a tout le temps... malheureusement mais ici ce n'est même le cas car l'incendie aurait effectivement pu être évité si la NASA avait lu ses propres rapports.
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Effectivement terrifiant l'enregistrement,

Merci pour ton commentaire explicatif, vraiment très intéressant :)
Tes interventions sont toujours top !

a écrit : Effectivement terrifiant l'enregistrement,

Merci pour ton commentaire explicatif, vraiment très intéressant :)
Tes interventions sont toujours top !
Si tu as trouvé l’enregistrement terrifiant, ne va pas lire le compte-rendu, les combinaisons des victimes étaient en nylon…

a écrit : Si tu as trouvé l’enregistrement terrifiant, ne va pas lire le compte-rendu, les combinaisons des victimes étaient en nylon… Dans leur malheur ça a presque été "bénéfique" , d'après l'autopsie ils sont morts d'un arrêt cardiaque (les combinaisons ayant fondu laissant entrer les gaz mortels) , apparemment les brûlures constatées sur les corps ont été faites après le décès.
C'est vraiment horrible mais comme je le disais au début , la mort a été très rapide, à peine quelques secondes , ce qui est déjà long mais bien moins long et douloureux que de périr uniquement par le feux.

Ils s'entrainaient , se préparaient pour aller dans l'espace , forcement un rêve pour eux , ils ont perì dans un vaisseau ... au sol , tout est horrible dans cette histoire .

a écrit : Triste concurrence. Ne parle t'on pas de spationaute pour les américains voyageurs de l'espace ? Non, aujourd'hui on a tendance a parler d'astronautes pour toutes les nations

Et techniquement le nom dépend de la nationalité du vaisseau, pas de la personne. Ainsi un américain décollant dans une fusée russe est techniquement un cosmonaute.


Usa : astronautes
Français : spationautes (mais aucun vol habité n'a décollé depuis un lanceur français ou européen)
Soviétiques/russes : cosmonautes
Chinois : Taïkonautes
Indiens : Vyomanautes

L'Union Soviétique était à l'époque très prompte à parler de ses succès dans le spatial mais était beaucoup moins communicative quand il s'agissait d'incidents.
Il existe même des théories plus ou moins complotistes selon lesquelles d'autres cosmonautes auraient pris place à bord de fusées avant Youri Gagarine, mais étant morts en mission leur existence aurait été passée sous silence.

À mon avis l'incident d'Apollo 1 aurait surtout pu être évité si la démarche des Etats Unis à l'époque avait été plus axée sur la sécurité et moins sur la vitesse. Choqués et quelque peu terrifiés par l'avance qu'avaient pris les soviétiques dans le spatial, les Etats Unis se sont lancés dans une course effrénée afin de réaliser enfin une première dans le domaine. En effet les soviétiques leur avaient damé le pion sur quasiment toutes les étapes marquantes de la course à l'espace jusqu'à présent, et d'ailleurs lorsque les États Unis ont enfin été les premiers, en posant des hommes sur la lune, ils ont déclaré que la course était finie et qu'ils l'avaient gagnée.

Le module d'Apollo 1 qui a pris feu était donc bien loin de celui qui a finalement amené des hommes autour de et sur la Lune. Bien loin du sérieux et de la méticulosité pour laquelle la NASA est réputée aujourd'hui, il s'agissait plutôt d'un appareil assemblé à la hâte, où beaucoup d'éléments n'avaient pas été scrupuleusement vérifiés. Même si l'atmosphère d'oxygène pur a rendu le feu incontrôlable et dévastateur, ce sont des branchements électriques défectueux et mal réalisés qui ont provoqué l'incendie. La "pause" de près de 2 ans suite à cette tragédie a fait émerger une nouvelle NASA, bien plus prudente, bien plus procédurière, mais aussi bien plus lente.

C'est un paradigme qui est toujours d'actualité aujourd'hui, dès que l'on fait de l'ingénierie ou qu'on développe de nouvelles technologies, il y a un curseur à placer quelque part sur une ligne avec d'un côté la vitesse et l'innovation, de l'autre côté la sécurité. Certains domaines comme la médecine placent ce curseur autant que possible du côté de la sécurité, bien des essais sont nécessaires pour qu'un nouveau médicament puisse être mis sur le marché, même quand celui-ci pourrait sauver des vies plus tôt. Mais cela évite sans doute bien des accidents, bien des procès, et bien des faux espoirs pour les malades. Dans d'autres domaines, comme l'IA aujourd'hui, le curseur est à fond sur la vitesse et l'innovation, au détriment de la sécurité, et c'est en très grande partie pour cela qu'on commence aujourd'hui à assister aux premiers incidents sérieux liés à l'IA, et que les craintes liées à une technologie qui pourrait s'avérer entièrement bénéfique sont de plus en plus justifiées.

Pour en revenir au spatial, personnellement je pense qu'on devrait accepter l'idée que peut-être la génération de nos arrières-petits-enfants seront les premiers à voir un humain se poser sur la Lune, ce qui est important c'est d'abord qu'il y ait encore des humains à ce moment pour le voir. Elon Musk, lui, veut voir cela arriver de son vivant, et quand on voit le genre de relation qu'il entretient avec ses enfants ce n'est peut-être pas surprenant

a écrit : L'Union Soviétique était à l'époque très prompte à parler de ses succès dans le spatial mais était beaucoup moins communicative quand il s'agissait d'incidents.
Il existe même des théories plus ou moins complotistes selon lesquelles d'autres cosmonautes auraient pris place à bord de fusé
es avant Youri Gagarine, mais étant morts en mission leur existence aurait été passée sous silence.

À mon avis l'incident d'Apollo 1 aurait surtout pu être évité si la démarche des Etats Unis à l'époque avait été plus axée sur la sécurité et moins sur la vitesse. Choqués et quelque peu terrifiés par l'avance qu'avaient pris les soviétiques dans le spatial, les Etats Unis se sont lancés dans une course effrénée afin de réaliser enfin une première dans le domaine. En effet les soviétiques leur avaient damé le pion sur quasiment toutes les étapes marquantes de la course à l'espace jusqu'à présent, et d'ailleurs lorsque les États Unis ont enfin été les premiers, en posant des hommes sur la lune, ils ont déclaré que la course était finie et qu'ils l'avaient gagnée.

Le module d'Apollo 1 qui a pris feu était donc bien loin de celui qui a finalement amené des hommes autour de et sur la Lune. Bien loin du sérieux et de la méticulosité pour laquelle la NASA est réputée aujourd'hui, il s'agissait plutôt d'un appareil assemblé à la hâte, où beaucoup d'éléments n'avaient pas été scrupuleusement vérifiés. Même si l'atmosphère d'oxygène pur a rendu le feu incontrôlable et dévastateur, ce sont des branchements électriques défectueux et mal réalisés qui ont provoqué l'incendie. La "pause" de près de 2 ans suite à cette tragédie a fait émerger une nouvelle NASA, bien plus prudente, bien plus procédurière, mais aussi bien plus lente.

C'est un paradigme qui est toujours d'actualité aujourd'hui, dès que l'on fait de l'ingénierie ou qu'on développe de nouvelles technologies, il y a un curseur à placer quelque part sur une ligne avec d'un côté la vitesse et l'innovation, de l'autre côté la sécurité. Certains domaines comme la médecine placent ce curseur autant que possible du côté de la sécurité, bien des essais sont nécessaires pour qu'un nouveau médicament puisse être mis sur le marché, même quand celui-ci pourrait sauver des vies plus tôt. Mais cela évite sans doute bien des accidents, bien des procès, et bien des faux espoirs pour les malades. Dans d'autres domaines, comme l'IA aujourd'hui, le curseur est à fond sur la vitesse et l'innovation, au détriment de la sécurité, et c'est en très grande partie pour cela qu'on commence aujourd'hui à assister aux premiers incidents sérieux liés à l'IA, et que les craintes liées à une technologie qui pourrait s'avérer entièrement bénéfique sont de plus en plus justifiées.

Pour en revenir au spatial, personnellement je pense qu'on devrait accepter l'idée que peut-être la génération de nos arrières-petits-enfants seront les premiers à voir un humain se poser sur la Lune, ce qui est important c'est d'abord qu'il y ait encore des humains à ce moment pour le voir. Elon Musk, lui, veut voir cela arriver de son vivant, et quand on voit le genre de relation qu'il entretient avec ses enfants ce n'est peut-être pas surprenant
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La NASA calcule pour chaque mission la probabilité de Loss of Crew (LOC), càd le risque de perdre l’équipage, et fixe un niveau de risque jugé acceptable pour chaque type de mission.
Mais la réalité peut être assez éloignée des objectifs: pour Apollo, l’objectif était d’environ 1 risque sur 1 000, alors que les estimations rétrospectives sont plutot de l’ordre de 1/10. Pour les premières navettes spatiales, on était autour de 1/12, puis environ 1/90 en fin de programme. Aujourd’hui, une mission habitée vers l’ISS doit viser un LOC inférieur à 1/270. On voit donc bien que la maitrise du risque a évolué au fil des décennies…