Iquitos, grande ville pas simple d'accès

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a écrit : Je me suis lié d'amitié avec une petite bande de "mochileros" (bagpackers locaux) qui étaient genereusement hébergé sur le terrain d'un epicier en périphérie de Tarapoto leur servant de base pour confectionner les macramés vendus le soir aux touristes pour financer le trajet en bateau direction Iquitos. J'ai passé quelques jours avec eux et ai fait la rencontre de Pablo, un jeune homme péruvien particulièrement charismatique, humble et solaire, avec lequel j'ai joué de la guitare et qui m'a présenté la faune local au cours d'une promenade vers une cascade du coin. Le lendemain j'ai fait part a deux autres jeunes de ce petit groupe de mon intention de les quitter pour poursuivre mon voyage vers Mancora : à defaut d'ayahuesca et de kaléidoscope spirituel j'irai faire du surf, regrettant de n'avoir pas eu la chance de venir quinze ans plus tôt avant que les faux chamans ne pourissent la possibilité d'un authentique voyage intérieur telle que la littérature et le cinéma de Kunen m'en avait insufflé l'envie. L'un des jeunes m'a suggéré de demander à Pablo de me guider, lui il savait. Intrigué j'ai été le voir et il m'a expliqué qu'il etait le petit fils du guerrisseur de son village natif, lequel le formait depuis cinq années et qu'il etait actuellement en train de faire le voyage initiatique final de cette formation consistant en un periple d'un an et demi de village en village pour parfaire sa pratique avec d'autres vieux guérisseurs et soigner sur sa route quiconque en avait besoin. Exposant a nouveau ma quête et déception, il m'a proposé de passer les dix jours suivants avec lui a l'orée de la jungle pour une sorte de retraite se concluant avec une cérémonie de la plante mère. Il m'a fait jeûner, consommer un jour après l'autre différentes substances et décoctions - en particulier une à base de San Pedro, un cactus qui donne le "pouvoir" de voir l'aura du vivant (les corps apparaissent cernés de lumière) pour me preparer a accueillir l'ayahuasca. Parmi les dix jours les plus zen de ma vie. On a beaucoup marché,, discuté du monde et de nos vies, fait de la musique le soir près du feu, un souvenir incroyable me reste de cette brève amitié.
Me concernant la plante n'a pas eu l'effet psychédélique fantasmé : je me suis endormie comme un bébé aux chants du fond des âges de Pablo. A mon réveil au petit matin il se tenait souriant a côté de moi. Un peu déçu de m'être assoupi ainsi il m'a consolé en m'assurant que c'était le meilleur signe qui soit. Nous nous sommes quittés très émus l'un et l'autre une heure plus tard, chacun reprenant son chemin de vie: lui vers un petit village un peu plus profond dans la jungle, moi vers la gare routière de Tarapoto direction le Pacifique.

Je suis un cartésien très curieux de tout, je m'efforce d'avoir l'esprit large et ouvert mais suis foncièrement athée, les dogmes m'exaspèrent et les superstitions m'indiffèrent. Mais par dessus ces critiques que je fais de toutes les religions, une part de moi s'obstine à croire qu'il existe quelque chose qui dépasse notre entendement, des pans de réalité qui nous échappent parce qu'on est pas sensorielement équipé pour les percevoir. Ca m'a plu d'imaginer que quelques traditions comme celle de Pablo ont trouvé une porte, un accès , un chemin vers une autre dimension de nous même e du Monde. Mais je reste un brin matérialiste et un grand sceptique, optimiste et attentif, mais devant verifier les choses de facon empirique pour les valider : le soir de cette cérémonie d'ingestion de la décoction jnai glissé sous ma paillasse un dictaphone qui a enregistré les neufs heures de cette nuit amazonienne d'août 2016. J'ai profité des quinze heures de car entre la jungle et l'océan pour ecouter l'enregistrement : la voix de Pablo, ses instruments de musique, ma respiration régulière, quelques phases de ronflements, les chants de Pablo : il a veillé sur moi en psalmodiant, murmurant, chantant jusqu'à mon reveil.

S'il existe des charlatans dans le monde il est évident que les savoir et connaissances dont ce jeune homme est l'héritier, ainsi que sa façon d'etre au monde ll'en exclu sans aucun doute : il m'a guidé et nourrit gracieusement, considéré comme un frère et refusé net tout autre gratification en remerciement qu'une poignée de mapachos (cigarette locales) et un savon.

C'était chouette de me remémorer cette rencontre, merci pour cette occasion de faire résonner cette expérience en moi en m'ayant donné envie de témoigner ici pour vous permettre, si le cœur vous en dit, de relativiser vos certitudes :)
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Ton expérience fait penser à celle de Castanedas auprès de Don Juan.

Merci pour ce partage.

a écrit : Je me suis lié d'amitié avec une petite bande de "mochileros" (bagpackers locaux) qui étaient genereusement hébergé sur le terrain d'un epicier en périphérie de Tarapoto leur servant de base pour confectionner les macramés vendus le soir aux touristes pour financer le trajet en bateau direction Iquitos. J'ai passé quelques jours avec eux et ai fait la rencontre de Pablo, un jeune homme péruvien particulièrement charismatique, humble et solaire, avec lequel j'ai joué de la guitare et qui m'a présenté la faune local au cours d'une promenade vers une cascade du coin. Le lendemain j'ai fait part a deux autres jeunes de ce petit groupe de mon intention de les quitter pour poursuivre mon voyage vers Mancora : à defaut d'ayahuesca et de kaléidoscope spirituel j'irai faire du surf, regrettant de n'avoir pas eu la chance de venir quinze ans plus tôt avant que les faux chamans ne pourissent la possibilité d'un authentique voyage intérieur telle que la littérature et le cinéma de Kunen m'en avait insufflé l'envie. L'un des jeunes m'a suggéré de demander à Pablo de me guider, lui il savait. Intrigué j'ai été le voir et il m'a expliqué qu'il etait le petit fils du guerrisseur de son village natif, lequel le formait depuis cinq années et qu'il etait actuellement en train de faire le voyage initiatique final de cette formation consistant en un periple d'un an et demi de village en village pour parfaire sa pratique avec d'autres vieux guérisseurs et soigner sur sa route quiconque en avait besoin. Exposant a nouveau ma quête et déception, il m'a proposé de passer les dix jours suivants avec lui a l'orée de la jungle pour une sorte de retraite se concluant avec une cérémonie de la plante mère. Il m'a fait jeûner, consommer un jour après l'autre différentes substances et décoctions - en particulier une à base de San Pedro, un cactus qui donne le "pouvoir" de voir l'aura du vivant (les corps apparaissent cernés de lumière) pour me preparer a accueillir l'ayahuasca. Parmi les dix jours les plus zen de ma vie. On a beaucoup marché,, discuté du monde et de nos vies, fait de la musique le soir près du feu, un souvenir incroyable me reste de cette brève amitié.
Me concernant la plante n'a pas eu l'effet psychédélique fantasmé : je me suis endormie comme un bébé aux chants du fond des âges de Pablo. A mon réveil au petit matin il se tenait souriant a côté de moi. Un peu déçu de m'être assoupi ainsi il m'a consolé en m'assurant que c'était le meilleur signe qui soit. Nous nous sommes quittés très émus l'un et l'autre une heure plus tard, chacun reprenant son chemin de vie: lui vers un petit village un peu plus profond dans la jungle, moi vers la gare routière de Tarapoto direction le Pacifique.

Je suis un cartésien très curieux de tout, je m'efforce d'avoir l'esprit large et ouvert mais suis foncièrement athée, les dogmes m'exaspèrent et les superstitions m'indiffèrent. Mais par dessus ces critiques que je fais de toutes les religions, une part de moi s'obstine à croire qu'il existe quelque chose qui dépasse notre entendement, des pans de réalité qui nous échappent parce qu'on est pas sensorielement équipé pour les percevoir. Ca m'a plu d'imaginer que quelques traditions comme celle de Pablo ont trouvé une porte, un accès , un chemin vers une autre dimension de nous même e du Monde. Mais je reste un brin matérialiste et un grand sceptique, optimiste et attentif, mais devant verifier les choses de facon empirique pour les valider : le soir de cette cérémonie d'ingestion de la décoction jnai glissé sous ma paillasse un dictaphone qui a enregistré les neufs heures de cette nuit amazonienne d'août 2016. J'ai profité des quinze heures de car entre la jungle et l'océan pour ecouter l'enregistrement : la voix de Pablo, ses instruments de musique, ma respiration régulière, quelques phases de ronflements, les chants de Pablo : il a veillé sur moi en psalmodiant, murmurant, chantant jusqu'à mon reveil.

S'il existe des charlatans dans le monde il est évident que les savoir et connaissances dont ce jeune homme est l'héritier, ainsi que sa façon d'etre au monde ll'en exclu sans aucun doute : il m'a guidé et nourrit gracieusement, considéré comme un frère et refusé net tout autre gratification en remerciement qu'une poignée de mapachos (cigarette locales) et un savon.

C'était chouette de me remémorer cette rencontre, merci pour cette occasion de faire résonner cette expérience en moi en m'ayant donné envie de témoigner ici pour vous permettre, si le cœur vous en dit, de relativiser vos certitudes :)
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Quelle écriture ! Ça respire l'équilibre. La précision de ton récit m'a touchée. Merci.

a écrit : quelle théorie?
il n'y a aucun sorcier, chaman, cartomancien, guérisseur, devin, mage, médium, homme-médecine, marabout, fakir, sourcier, coupeur de feu et autres du même genre de toutes sectes, mythologies, religions, superstitions et autres cultes, qui ne soient pas des charlatans
Même de bonne foi
, car certains peuvent (vraiment) être convaincu d'avoir un "don" Afficher tout
Tu mélange plusieurs trucs, là.

Les chamans et hommes médecine ne sont pas de sorcier perclus de pouvoir magiques.

Ce sont des médecins d'autres cultures et certaines de leur méthodes sont tout à fait fiables (d'autres non, mais en France c'est parfois le cas aussi, même si je suis convaincu de la supériorité de la medecine scientifique), ils ont une grande connaissance des plantes et des principes actifs dans différentes décoctions qui passeraient sans problème des test en labo.

Après, évidement, c'est entremêlés de culture religieuse, donc de rituels inutiles pour nos yeux d'occidentaux.

En tout cas tout ça (les rituels, les "chemins spirituels", les formations chamaniques) à du sens si tu vis dans cette culture et que ta vie est organisée autour de l'animisme, le com de alheo parle d'un an et demi de formation pour finir par l'ayahuasca.

Alors c'est sûr que pour un occidental qui s'attend à vivre "l'expérience ayahuasca" en une soirée, il y a que des charlatans.