Le célèbre bombardier en piqué allemand Ju 87 Stuka, en plus de sa sirène caractéristique, possédait aussi un système de redressement automatique de l'appareil à l'issue de la descente en piqué. En effet, les pilotes subissaient pendant cette phase un "voile noir" qui les empêchait de redresser.

Commentaires préférés (3)
Pour être précis, ce voile noir a lieu non pas pendant le piqué mais au moment où le pilote tente de redresser, à cause de l'accélération énorme qu'il subit (facteur de charge élevé) qui pousse le sang vers les membres inférieurs (et donc loin du cerveau).
Il existe des combinaisons anti-G qui compriment le corps afin d'empêcher le sang de quitter le cerveau pour pallier au moins en partie à ce problème
"Pallier" est un verbe transitif direct, qui se construit avec un COD, donc il s'utilise sans "à".
Effectivement, le système était conçu pour la phase de redressement (il y avait une autre sécurité pour la phase de piqué, mais comme tu l'as dit normalement les pilotes n'avaient pas de problèmes d'évanouissement à ce moment-là).
Il était entièrement automatique et s'activait avec le largage de la bombe. Cependant, dans les dernières versions de l'avion, les 2 systèmes ont été découplés (le pilote pouvait choisir de continuer de piquer après le largage) afin de rendre le trajet de l'avion moins prévisible par la DCA.
Le redressement se faisait à 5-600 km/h sous 6G tout de même !
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Pour être précis, ce voile noir a lieu non pas pendant le piqué mais au moment où le pilote tente de redresser, à cause de l'accélération énorme qu'il subit (facteur de charge élevé) qui pousse le sang vers les membres inférieurs (et donc loin du cerveau).
Il existe des combinaisons anti-G qui compriment le corps afin d'empêcher le sang de quitter le cerveau pour pallier au moins en partie à ce problème
"Pallier" est un verbe transitif direct, qui se construit avec un COD, donc il s'utilise sans "à".
Effectivement, le système était conçu pour la phase de redressement (il y avait une autre sécurité pour la phase de piqué, mais comme tu l'as dit normalement les pilotes n'avaient pas de problèmes d'évanouissement à ce moment-là).
Il était entièrement automatique et s'activait avec le largage de la bombe. Cependant, dans les dernières versions de l'avion, les 2 systèmes ont été découplés (le pilote pouvait choisir de continuer de piquer après le largage) afin de rendre le trajet de l'avion moins prévisible par la DCA.
Le redressement se faisait à 5-600 km/h sous 6G tout de même !
Pour info peu importe la vitesse, seul les g et la durée d'exposition compte.
Lors de la 2nd guerre mondiale le voile noir intervenait à 5/6g pour des pilotes entraînés sans combinaison anti g efficaces et devant forcer sur les commandes de vols mécaniques.
De nos jours cette limite est repoussée à 8/9g avec les combinaisons modernes, les commandes assistées et l'entraînement adapté.
Très juste !
Accélération ?
Ne s’agit-il pas plutôt d’une décélération quand le pilote redresse l’appareil ?
À priori, dans le piqué, il y a une accélération qui porte plutôt le sang à la tête et dans le redressement, plutôt une décélération qui porte le sang dans les jambes.
D’autre part, ce redressement automatique était lié au largage des bombes : une fois larguées, il est important que l’appareil ne les « rattrape » pas : ça s’est vu.
Nota : le piqué n’est pas vertical, il y a forcément un angle.
Est-ce que je me trompe ?
Par "accélération", il faut comprendre l’accélération de la pesanteur , pas celle de la vitesse. On aurait pu écrire "augmentation", mais ce n’est pas le terme couramment employé.
Le redressement automatique n’est pas lié au "rattrapage" de la bombe: elle disposait d’un système de tubes l’écartant de l’avion avant le largage afin de protéger l’hélice. De plus, l’avion utilisait des aérofreins pour limiter sa vitesse en piqué à 5-600 km/h. Le système était cependant bien lié au largage de la bombe, car celui-ci était effectué assez bas (vers 450 m) et il fallait redresser rapidement afin d’éviter le sol. Mais, comme je l’ai écrit, cela a par la suite été découplé afin de rendre la trajectoire de sortie moins prévisible...
Les bombardiers en piqué adoptaient généralement un angle d’environ 60°. Le Ju 87 était assez exceptionnel pour l'époque, car il pouvait effectuer un véritable piqué à 90° (verticale).
Ça dépend du référentiel.
Lorsque l'appareil pique le pilote et son avion accélèrent, ils chutent. Une fois le piqué lancé la vitesse se stabilise et l'accélération (de l'avion et du pilote) tend vers 0.
Au moment où l'avion redresse il décélère mais le corps du pilote qui tend a poursuivre sa chute va subir une accélération. L'avion change de trajectoire mais le corps du pilote tend a conserver la sienne, le pilote se trouve plaquer dans son siège, il subit une accélération qu'on mesure en g.
Une accélération peut-être positive ou négative. Lorsqu'un pilote expérimente des g, c'est que le référentiel inertielle de l'avion change de vitesse et/ou direction tandis que celui du pilote tend a conserver les siennes, le pilote est un passager qui subit le changement et donc des g.
Merci du commentaire qui conforte mon analyse.
Merci, je me coucherai deux fois moins bête ;)