La nobelite désigne le phénomène de plusieurs prix Nobel qui, en dehors de leur domaine de compétence, utilisent leur notoriété pour défendre des thèses non prouvées scientifiquement ou plus simplement donner leur opinion, sollicitée ou non par les médias, sur des sujets divers, voire politiques.
Phénomène voisin de l’ultrasrepidarianisme, du 30e argument d’autorité de Schopenhauer dans « l’art d’avoir toujours raison » et de l’effet « Dunning - Kruger ».

Commentaires préférés (3)
Correction : « UltraCrepidarianisme » !
Ce qui s'est énormément vu durant la période du COVID, pendant laquelle des physiciens et chimistes donnaient leur avis dans la médecine, domaine dans lequel ils n'avaient aucune compétence particulière.
Donc une fois le prix Nobel acquis, ils n’ont plus le droit d’avoir des opinions ou de défendre des thèses qui sont d’un autre domaine?
Comment faire la différence entre « il utilise l’aura de son prix Nobel pour soutenir ceci » ou « il soutient ceci » ?
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Correction : « UltraCrepidarianisme » !
Ce qui s'est énormément vu durant la période du COVID, pendant laquelle des physiciens et chimistes donnaient leur avis dans la médecine, domaine dans lequel ils n'avaient aucune compétence particulière.
Difficile de garder son humilité quand t’es prix nobel, excepté des gens comme Perelman
Grigory Perelman n'est pas humble, il est antisocial.
Donc une fois le prix Nobel acquis, ils n’ont plus le droit d’avoir des opinions ou de défendre des thèses qui sont d’un autre domaine?
Comment faire la différence entre « il utilise l’aura de son prix Nobel pour soutenir ceci » ou « il soutient ceci » ?
J’imagine qu’il est plutôt « asocial » !
nospensees.fr/etre-asocial-et-etre-antisocial-les-differences/
Il peut toujours donner son avis sur n’importe quel sujet mais doit éviter de se servir, explicitement ou implicitement, de son « aura » de prix Nobel qui serait alors un argument d’autorité :
L'argument d'autorité consiste à invoquer une autorité lors d'une argumentation, en accordant de la valeur à un propos en fonction de son origine plutôt que de son contenu. Ce moyen rhétorique diffère de l'emploi de la raison.
Il est reconnu que le Pr. Montagnier a défendu des thèses en argumentant implicitement de son prix Nobel pour convaincre.
Cela est applicable à toutes les « autorités » :
D’un professeur dans un roman de J.D. Salinger « Cela n’est pas vrai parce que Marx l’a dit, Marx l’a dit parce que c’était vrai ! ».
Ce « travers » m’est apparu dans les années 70 en entendant l’interview d’un prix Nobel de Chimie, lui demandant son avis sur la guerre du Vietnam : il a bien sûr le droit d’avoir un avis mais ne peut jouer implicitement sur son prix comme argument.
C'est exactement ce que j'allais dire. Il y a une différence entre se prononcer en disant "il me semble que..., mais ce n' est pas mon domaine d'expertise" et "il est évident pour quiconque a une certaine expérience scientifique que ..."
Voilà qui qualifie parfaitement bien un certain prix Nobel d'économie.
Le premier lien renvoie vers un recherche Google...
Oui, la première et troisième sources renvoient à une recherche Google mais on trouve tout de suite l’article intéressant :
1. La maladie du Nobel
3. La dialectique éristique ou l’art d’avoir toujours raison.
J'allais commenter le sujet en faisant un parallèle avec certains utilisateurs de cette appli... Et finalement pas vraiment utile...
Un exemple récent et similaire (pas de prix Nobel, juste le titre de “chercheur au CNRS”) est celui de Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS en sociologie, qui a été publiquement désavoué par son institution en août 2021.
Mucchielli, dont le domaine d’expertise est la sociologie de la délinquance et de la sécurité, s’est exprimé de manière répétée sur les effets indésirables des vaccins contre le Covid-19 et a publié près de 63 analyses sur la crise sanitaire, alors que celui n’était pas du tout son domaine.
Bref, quand on a un peu de déontologie, il faut clairement expliquer si l’on donne son avis personnel (qui a autant de valeur que celui de Marcel, au bar PMU du coin, et c’est ok, c’est la liberté d’expression) ou celui d’un expert du domaine ou d’une institution.
Dans ce cas précis, même Mediapart a dépublié un de ses articles pour cause de désinformation, c’est dire…
Ça m’a permis de mettre un mot sur un comportement bien connu :
L’effet dunning Kruger désigne les gens qui se croient très qualifiés, qui donnent leur avis avec une légitimité assumée et certaine, et qui mésestiment leurs réelles compétences/connaissances dans ce domaine
Bonjour à tous, concernant les réactions médiatiques qu'on a pu observer lors de la crise du Corona virus, je pense qu'elles témoignent d'un problème bien plus profond de notre société.
L'autorité dans ce cas là, c'est le journaliste ou plutôt la rédaction qui a le devoir de vérifier la véracité des informations qu'elle transmet.
A part quelques trops rares émissions ou journaux, la plupart des médias tv comme écris ne font plus d'information ni d'investigation depuis longtemps. Et pour être tout à fait sincère, je m'interroge régulièrement sur la capacité de compréhension des présenteurs de journaux télévisés lorsque qu'ils s'expriment sur certains sujets tel que notamment le climat.
Je trouve donc naturel que certaines personnes ressentent le besoin d'exprimer leurs points de vues, de corriger des inexactitudes ou d'apporter des précisions dans le contexte angoissant que fut le Corona virus, même s'il ne sont pas spécialistes, et même si leur points de vues est erroné en partie.
La vérité c'est que les médecins n'étaient pas tous d'accords, que les institutions médicales d'état ne prenaient pas les mêmes décisions et que les laboratoires étaient en pleine conflits d'intérêts.
Si les responsables de l'informations ne sont pas fiables, qui doit on incriminer ?
L'état ? Le système et sa volonté de rentabilité à tout prix ?
On peux aussi c'est vrai, choisir de fermer les yeux la dessus, et critiquer les nons spécialistes qui viennent ajouter leurs avis, même si une petite voix nous chuchote comme même qu'un Nobel qui raconte n'importe quoi, va jouer sa réputation et son crédit, non?..
"Quand même"... et non pas "comme même", sans vouloir "passer du Coca light" , c'était dommage de finir ce commentaire intéressant et pertinent sur ce genre d'erreur...
Je me permets poliment de te répondre ici sur certains points que tu abordes, par pour apporter des réponses, mais juste au niveau de la rhétorique utilisée: je constate que tu utilises plusieurs fois un questionnement orienté (des questions dont la réponse est déjà suggérée: "Est-ce normal que… ?", "Qui a raison ?", "Si X n’est pas fiable, alors qui… ?"), ce qui permet d’insinuer le doute sans avoir à démontrer une affirmation, et ca donne une impression de raisonnement "évident" alors qu’on a surtout déplacé la charge de la preuve.
Je respecte totalement l’idée de liberté d’expression (et en France, oui, c’est un principe constitutionnel), mais il faut distinguer "avoir le droit de dire" et "dire quelque chose de fiable": un sociologue peut bien sûr s’exprimer sur l’épidémiologie, c’est son droit, mais ça ne transforme pas son propos en connaissance scientifique, parce que la science n’est pas une démocratie d’opinion, c’est une "dictature" de preuves: si tu avances des points au nom de la science, tu dois les étayer, sinon tu fais de l’opinion, ce qui est légitime … mais pas équivalent!
Là où je te rejoins à 100%, c’est sur le fact-checking et les incitations des médias: beaucoup cherchent l’audience plus que la vérité, et l’audience se gagne souvent avec du clivant, de l’anxiogène, du conflictuel, parce que ca déclenche de la réaction. Un peu comme certains youtubeurs qui disent "Donnez votre avis en commentaire !": ils se moquent souvent des avis, mais le volume de commentaires pousse la vidéo dans l’algorithme, et générere plsu de revenus.
A ca s'ajoute la course à la vitesse: quand il y a des questions, les médias veulent être les premiers à produire une explication, une analyse, un plateau… alors que l’expert honnete dira très souvent un truc frustrant du type: "En l’état actuel des connaissances, on ne sait pas encore si X fonctionne, il faut attendre l’étude Y ". C'est un message exact, mais ennuyeux et peu viral. A l’inverse, le quidam sûr de lui ou le gourou dira: "Ils vous mentent ! J’ai la solution !": c’est excitant, viral, ca occupe le terrain, et une fois que le terrain médiatique est occupé, revenir avec une correction nuancée devient extremement difficile (parce que la correction est moins spectaculaire que l’erreur).
En revanche, je suis moins d’accord avec toi quand tu dis que tu "t’interroges sur la capacité de compréhension des présentateurs de JT" sur le climat: un présentateur de JT, ben c’est … un présentateur, donc on ne devrait pas attendre de lui qu’il soit climatologue ou virologue. S’il donne son avis personnel sur un sujet technique, c’est justement un problème (utiliser son audience pour se poser en autorité hors de sa compétence), et ta bonne critique ne devrait pas être "il n’est pas assez compétent", mais plutot "pourquoi l’émission laisse faire ca ou lieu de s'appuyer sur des experts", et canger de chaine.
Enfin,il me semble que ton commentaire (même s’il reste poli, merci) glisse vers ce qu'on appelle en réthorique un faux dilemme: en gros "les médias sont biaisés, l’etat se trompe, le "système" (?) est pourris, les médecins ne sont pas tous d’accord, donc quelle autre solution que de laisser des non-experts s’exprimer ?" . Sauf qu’il n’y a pas de lien logique qui oblige à cette conclusion: le fait qu’il existe des défaillances dans l’information *n’implique pas* que la meilleure réponse soit de laisser des personnes non compétentes se présenter comme compétentes (grace à leur audience, leur charisme, ou l’aura d’un titre prestigieux).
Attention hein, je ne prétends pas avoir de solution alternative, mon point est juste de montrer que ton message a l’apparence d’un raisonnement bien construit, alors qu’il repose sur un enchaînement fallacieux (un sophisme).
Et pour finir, non, il n’y a pas cette "petite voix qui chuchotte" qu’un Nobel qui dit n’importe quoi aurait forcément raison parce qu’il "met sa réputation en jeu" : oui, il peut la mettre en jeu … mais miser gros n’est pas un argument de vérité (sinon les casinos seraient remplis de héros!), et l’histoire est pleine de gens très brillants dans un domaine qui se trompent lourdement quand ils sortent de leur champ. La seule boussole fiable, c’est la qualité des preuves, pas le prestige, ni l’assurance, ni le niveau de risque réputationnel.
Une notion intéressante est la métacognition :
En psychologie, la métacognition est la « cognition sur la cognition ». Autrement dit, la métacognition consiste à avoir une activité mentale sur ses propres processus mentaux, c'est-à-dire « penser sur ses propres pensées ».
fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tacognition
Salut Maëva.
Merci, j'étais persuadé que les deux s'utilisaient.
Après vérification effectivement "comme même" n'éxiste pas.
Maintenant je sais
Un exemple : Cedric Villani Médaille Fields 2010 est sans doute un mathématicien de haut vol dans un domaine où la logique domine.
Il entre en politique, c’est son droit le plus strict mais voter pour lui en lui faisant confiance du fait de sa médaille n’a aucun sens et, à ma connaissance, il ne la d’ailleurs pas brandi dans sa campagne électorale.