La gamme pentatonique a fait l'unanimité

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À des époques et endroits très différents, de multiples cultures ont fondé leur musique sur un schéma proche : cinq notes par octave. Cette gamme pentatonique se retrouve en Asie, en Afrique, chez les Celtes ou les Amérindiens.

Cette convergence suggère que l’esprit humain privilégie volontiers des formes sonores simples. Avec peu de tensions, elles créent des mélodies faciles à chanter, mémoriser, improviser et transmettre de génération en génération.


Commentaires préférés (3)

Tout ceci a une raison très "physique". La gamme pentatonique à cinq notes repose sur des intervalles simples issus des harmoniques naturelles, présentes dans tout son. Ces relations produisent des combinaisons stables et faciles à chanter, ce qui peut expliquer sa diffusion universelle. Toutes les cultures ont d'abord cherché un truc qui sonne bien et en physique c'est les harmoniques (rapport 1, 9/8, 5/4, 3/2, 5/3).

La gamme à sept notes qu'on connait dans la culture occidentale, ajoute des intervalles plus complexes, avec des demi-ton. Cela permet de créer ce qu'on appelle des tensions et des résolutions qui enrichissent l’expression musicale. Si on fait par exemple Sol - La - Si - Do, le Si-do de la fin apporte une sensation de suspense car l'écart est un demi-ton au lieu d'un ton. On retrouve la même sensation dérangeante avec d'autres écart en demi-ton do-do# / La-sol#. C'est peut-être contre-intuitif au départ mais dans la musicologie occidentale, on a justement chercher une gamme qui "frotte" car elle permet d'apporter un peu plus d'émotion qu'une gamme qui ne peut que sonner correctement.

Ainsi, la première privilégie la simplicité et la fluidité, tandis que la seconde permet une plus grande richesse et diversité émotionnelle. C'est aussi pour cela qu'on peut jouer quasiment n'importe quoi en gamme pentatonique sur un piano et cela sonnera "bien".

a écrit : Tout ceci a une raison très "physique". La gamme pentatonique à cinq notes repose sur des intervalles simples issus des harmoniques naturelles, présentes dans tout son. Ces relations produisent des combinaisons stables et faciles à chanter, ce qui peut expliquer sa diffusion universelle. Toutes les cultures ont d'abord cherché un truc qui sonne bien et en physique c'est les harmoniques (rapport 1, 9/8, 5/4, 3/2, 5/3).

La gamme à sept notes qu'on connait dans la culture occidentale, ajoute des intervalles plus complexes, avec des demi-ton. Cela permet de créer ce qu'on appelle des tensions et des résolutions qui enrichissent l’expression musicale. Si on fait par exemple Sol - La - Si - Do, le Si-do de la fin apporte une sensation de suspense car l'écart est un demi-ton au lieu d'un ton. On retrouve la même sensation dérangeante avec d'autres écart en demi-ton do-do# / La-sol#. C'est peut-être contre-intuitif au départ mais dans la musicologie occidentale, on a justement chercher une gamme qui "frotte" car elle permet d'apporter un peu plus d'émotion qu'une gamme qui ne peut que sonner correctement.

Ainsi, la première privilégie la simplicité et la fluidité, tandis que la seconde permet une plus grande richesse et diversité émotionnelle. C'est aussi pour cela qu'on peut jouer quasiment n'importe quoi en gamme pentatonique sur un piano et cela sonnera "bien".
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Si j'en crois mes maigres connaissances en musicologie, il me semble que la gamme à sept notes utilisée en occident est d'avantage issue d'un appauvrissement que d'un ajout. Si la musique occidentale n'utilise de nos jours quasi exclusivement que des tons et demis tons, ce n'était pas le cas avant la renaissance et l'on utilisait auparavant également des micro tons, comme ce qui se fait encore dans les musiques qualifiées "d'orientales".

La musique médiévale occidentale de façon générale était d'ailleurs très proche de ce qu'on pouvait trouver au moyen-orient et sur le reste du bassin méditerranéen. Si vous vous rendiez au XIVème siècle à la cour du roi de France puis à celle du sultan ottoman, vous n'auriez pas été particulièrement frappé par la différence de style musical. Il s'agissait dans les deux cas de musique "modale". Pour résumer ça grossièrement, la composition en musique modale laisse complétement de côté la question des harmonies (trouver des notes qui sonnent bien ensemble) pour se concentrer sur la mélodie. On va avoir une mélodie de base qui sera jouée par tous les instruments simultanément.
Les historiens en voyant des "partitions" médiévales ont d'abord considéré que la musique médiévale était extrêmement basique puisque reposant uniquement sur des mélodies assez simples. Ils se sont ensuite rendu compte, notamment en observant les traditions musicales similaires encore vivantes, qu'en réalité la mélodie dans ce type de musique n'était qu'une base à partir de laquelle chaque instrument allait improviser. Autrement dit, chaque instrument allait jouer la même mélodie principale mais en ajoutant des notes et des variations entre chaque note de la mélodie, chaque joueur devenant en quelque sorte également compositeur. Tout cela va changer avec l'apparition de la musique harmonique en occident où l'accent sera mis sur les accords et les harmonies, créant des règles de compositions beaucoup plus rigides et réduisant les nuances de notes jugées acceptables, probablement car il est assez difficile d'harmoniser des micro tons avec d'autres notes.

Les micros tons sont aujourd'hui tellement absents de la musique occidentale grand public qu'il n'est pas rare que des gens non habitués aient l'impression que la musique sonne "faux" lorsque exposés à des musiques micro tonales. La microtonalité d'ailleurs ne concerne pas que les instruments mais également le chant. Fait amusant à ce propos : lorsque des groupes ont cherché à reconstituer des musiques médiévales, ils sont allés chercher des chanteurs traditionnels corses chez qui la tradition du chant microtonal perdure encore (on en trouve également dans certains types de flamenco). Maintenant, si vous vous posez la question de si les musiques que vous pouvez entendre parfois lors de diverses fêtes médiévales sont vraiment des musiques modales et pas des compositions modernes, voilà un petit indice : si l'un des membres du groupes tient un bouzouki irlandais, ce n'est probablement pas de la "vraie" musique médiévale. En effet, en dépit de son look retro, l'instrument a été inventé dans les années 1970, avant de gagner en popularité dans les milieux des fêtes médiévales du fait de sa sonorité se rapprochant de ce que les gens imaginent être un son "médiéval".

a écrit : Si j'en crois mes maigres connaissances en musicologie, il me semble que la gamme à sept notes utilisée en occident est d'avantage issue d'un appauvrissement que d'un ajout. Si la musique occidentale n'utilise de nos jours quasi exclusivement que des tons et demis tons, ce n'était pas le cas avant la renaissance et l'on utilisait auparavant également des micro tons, comme ce qui se fait encore dans les musiques qualifiées "d'orientales".

La musique médiévale occidentale de façon générale était d'ailleurs très proche de ce qu'on pouvait trouver au moyen-orient et sur le reste du bassin méditerranéen. Si vous vous rendiez au XIVème siècle à la cour du roi de France puis à celle du sultan ottoman, vous n'auriez pas été particulièrement frappé par la différence de style musical. Il s'agissait dans les deux cas de musique "modale". Pour résumer ça grossièrement, la composition en musique modale laisse complétement de côté la question des harmonies (trouver des notes qui sonnent bien ensemble) pour se concentrer sur la mélodie. On va avoir une mélodie de base qui sera jouée par tous les instruments simultanément.
Les historiens en voyant des "partitions" médiévales ont d'abord considéré que la musique médiévale était extrêmement basique puisque reposant uniquement sur des mélodies assez simples. Ils se sont ensuite rendu compte, notamment en observant les traditions musicales similaires encore vivantes, qu'en réalité la mélodie dans ce type de musique n'était qu'une base à partir de laquelle chaque instrument allait improviser. Autrement dit, chaque instrument allait jouer la même mélodie principale mais en ajoutant des notes et des variations entre chaque note de la mélodie, chaque joueur devenant en quelque sorte également compositeur. Tout cela va changer avec l'apparition de la musique harmonique en occident où l'accent sera mis sur les accords et les harmonies, créant des règles de compositions beaucoup plus rigides et réduisant les nuances de notes jugées acceptables, probablement car il est assez difficile d'harmoniser des micro tons avec d'autres notes.

Les micros tons sont aujourd'hui tellement absents de la musique occidentale grand public qu'il n'est pas rare que des gens non habitués aient l'impression que la musique sonne "faux" lorsque exposés à des musiques micro tonales. La microtonalité d'ailleurs ne concerne pas que les instruments mais également le chant. Fait amusant à ce propos : lorsque des groupes ont cherché à reconstituer des musiques médiévales, ils sont allés chercher des chanteurs traditionnels corses chez qui la tradition du chant microtonal perdure encore (on en trouve également dans certains types de flamenco). Maintenant, si vous vous posez la question de si les musiques que vous pouvez entendre parfois lors de diverses fêtes médiévales sont vraiment des musiques modales et pas des compositions modernes, voilà un petit indice : si l'un des membres du groupes tient un bouzouki irlandais, ce n'est probablement pas de la "vraie" musique médiévale. En effet, en dépit de son look retro, l'instrument a été inventé dans les années 1970, avant de gagner en popularité dans les milieux des fêtes médiévales du fait de sa sonorité se rapprochant de ce que les gens imaginent être un son "médiéval".
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Merci pour cet excellent commentaire.
Je ne faisais que comparer les différences entre les deux donc j’ai effectivement simplifier la chose.
C’est effectivement la Renaissance qui va imposer avec force la tonalité majeure / mineure. C’est d’ailleurs assez paradoxale pour un courant de pensée qui se voulait être l’héritage des romains et des grecs sur de nombreux sujets (même si un puriste dirait qu’un dorien antique n’est pas un dorien medieval….).
J’irais même jusqu’à dire qu’un bon jazz est plus proche en terme de philosophie de la musique médiéval que les compositions baroques. Dans un cas, on « vit » le son et dans l’autre, on l’écrit et on le théorise.


Tous les commentaires (5)

Tout ceci a une raison très "physique". La gamme pentatonique à cinq notes repose sur des intervalles simples issus des harmoniques naturelles, présentes dans tout son. Ces relations produisent des combinaisons stables et faciles à chanter, ce qui peut expliquer sa diffusion universelle. Toutes les cultures ont d'abord cherché un truc qui sonne bien et en physique c'est les harmoniques (rapport 1, 9/8, 5/4, 3/2, 5/3).

La gamme à sept notes qu'on connait dans la culture occidentale, ajoute des intervalles plus complexes, avec des demi-ton. Cela permet de créer ce qu'on appelle des tensions et des résolutions qui enrichissent l’expression musicale. Si on fait par exemple Sol - La - Si - Do, le Si-do de la fin apporte une sensation de suspense car l'écart est un demi-ton au lieu d'un ton. On retrouve la même sensation dérangeante avec d'autres écart en demi-ton do-do# / La-sol#. C'est peut-être contre-intuitif au départ mais dans la musicologie occidentale, on a justement chercher une gamme qui "frotte" car elle permet d'apporter un peu plus d'émotion qu'une gamme qui ne peut que sonner correctement.

Ainsi, la première privilégie la simplicité et la fluidité, tandis que la seconde permet une plus grande richesse et diversité émotionnelle. C'est aussi pour cela qu'on peut jouer quasiment n'importe quoi en gamme pentatonique sur un piano et cela sonnera "bien".

a écrit : Tout ceci a une raison très "physique". La gamme pentatonique à cinq notes repose sur des intervalles simples issus des harmoniques naturelles, présentes dans tout son. Ces relations produisent des combinaisons stables et faciles à chanter, ce qui peut expliquer sa diffusion universelle. Toutes les cultures ont d'abord cherché un truc qui sonne bien et en physique c'est les harmoniques (rapport 1, 9/8, 5/4, 3/2, 5/3).

La gamme à sept notes qu'on connait dans la culture occidentale, ajoute des intervalles plus complexes, avec des demi-ton. Cela permet de créer ce qu'on appelle des tensions et des résolutions qui enrichissent l’expression musicale. Si on fait par exemple Sol - La - Si - Do, le Si-do de la fin apporte une sensation de suspense car l'écart est un demi-ton au lieu d'un ton. On retrouve la même sensation dérangeante avec d'autres écart en demi-ton do-do# / La-sol#. C'est peut-être contre-intuitif au départ mais dans la musicologie occidentale, on a justement chercher une gamme qui "frotte" car elle permet d'apporter un peu plus d'émotion qu'une gamme qui ne peut que sonner correctement.

Ainsi, la première privilégie la simplicité et la fluidité, tandis que la seconde permet une plus grande richesse et diversité émotionnelle. C'est aussi pour cela qu'on peut jouer quasiment n'importe quoi en gamme pentatonique sur un piano et cela sonnera "bien".
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Commentaire passionnant !! Merci
Oui en effet, si on s’amuse à improviser n’importe quoi sur les touches noire d’un piano, cela sonnera toujours « juste ». Cela sonne comme une mélodie traditionnelle chinoise. J’en fais souvent la démonstration à des gens qui n’en font pas et ça les amuse beaucoup.

a écrit : Tout ceci a une raison très "physique". La gamme pentatonique à cinq notes repose sur des intervalles simples issus des harmoniques naturelles, présentes dans tout son. Ces relations produisent des combinaisons stables et faciles à chanter, ce qui peut expliquer sa diffusion universelle. Toutes les cultures ont d'abord cherché un truc qui sonne bien et en physique c'est les harmoniques (rapport 1, 9/8, 5/4, 3/2, 5/3).

La gamme à sept notes qu'on connait dans la culture occidentale, ajoute des intervalles plus complexes, avec des demi-ton. Cela permet de créer ce qu'on appelle des tensions et des résolutions qui enrichissent l’expression musicale. Si on fait par exemple Sol - La - Si - Do, le Si-do de la fin apporte une sensation de suspense car l'écart est un demi-ton au lieu d'un ton. On retrouve la même sensation dérangeante avec d'autres écart en demi-ton do-do# / La-sol#. C'est peut-être contre-intuitif au départ mais dans la musicologie occidentale, on a justement chercher une gamme qui "frotte" car elle permet d'apporter un peu plus d'émotion qu'une gamme qui ne peut que sonner correctement.

Ainsi, la première privilégie la simplicité et la fluidité, tandis que la seconde permet une plus grande richesse et diversité émotionnelle. C'est aussi pour cela qu'on peut jouer quasiment n'importe quoi en gamme pentatonique sur un piano et cela sonnera "bien".
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Si j'en crois mes maigres connaissances en musicologie, il me semble que la gamme à sept notes utilisée en occident est d'avantage issue d'un appauvrissement que d'un ajout. Si la musique occidentale n'utilise de nos jours quasi exclusivement que des tons et demis tons, ce n'était pas le cas avant la renaissance et l'on utilisait auparavant également des micro tons, comme ce qui se fait encore dans les musiques qualifiées "d'orientales".

La musique médiévale occidentale de façon générale était d'ailleurs très proche de ce qu'on pouvait trouver au moyen-orient et sur le reste du bassin méditerranéen. Si vous vous rendiez au XIVème siècle à la cour du roi de France puis à celle du sultan ottoman, vous n'auriez pas été particulièrement frappé par la différence de style musical. Il s'agissait dans les deux cas de musique "modale". Pour résumer ça grossièrement, la composition en musique modale laisse complétement de côté la question des harmonies (trouver des notes qui sonnent bien ensemble) pour se concentrer sur la mélodie. On va avoir une mélodie de base qui sera jouée par tous les instruments simultanément.
Les historiens en voyant des "partitions" médiévales ont d'abord considéré que la musique médiévale était extrêmement basique puisque reposant uniquement sur des mélodies assez simples. Ils se sont ensuite rendu compte, notamment en observant les traditions musicales similaires encore vivantes, qu'en réalité la mélodie dans ce type de musique n'était qu'une base à partir de laquelle chaque instrument allait improviser. Autrement dit, chaque instrument allait jouer la même mélodie principale mais en ajoutant des notes et des variations entre chaque note de la mélodie, chaque joueur devenant en quelque sorte également compositeur. Tout cela va changer avec l'apparition de la musique harmonique en occident où l'accent sera mis sur les accords et les harmonies, créant des règles de compositions beaucoup plus rigides et réduisant les nuances de notes jugées acceptables, probablement car il est assez difficile d'harmoniser des micro tons avec d'autres notes.

Les micros tons sont aujourd'hui tellement absents de la musique occidentale grand public qu'il n'est pas rare que des gens non habitués aient l'impression que la musique sonne "faux" lorsque exposés à des musiques micro tonales. La microtonalité d'ailleurs ne concerne pas que les instruments mais également le chant. Fait amusant à ce propos : lorsque des groupes ont cherché à reconstituer des musiques médiévales, ils sont allés chercher des chanteurs traditionnels corses chez qui la tradition du chant microtonal perdure encore (on en trouve également dans certains types de flamenco). Maintenant, si vous vous posez la question de si les musiques que vous pouvez entendre parfois lors de diverses fêtes médiévales sont vraiment des musiques modales et pas des compositions modernes, voilà un petit indice : si l'un des membres du groupes tient un bouzouki irlandais, ce n'est probablement pas de la "vraie" musique médiévale. En effet, en dépit de son look retro, l'instrument a été inventé dans les années 1970, avant de gagner en popularité dans les milieux des fêtes médiévales du fait de sa sonorité se rapprochant de ce que les gens imaginent être un son "médiéval".

a écrit : Si j'en crois mes maigres connaissances en musicologie, il me semble que la gamme à sept notes utilisée en occident est d'avantage issue d'un appauvrissement que d'un ajout. Si la musique occidentale n'utilise de nos jours quasi exclusivement que des tons et demis tons, ce n'était pas le cas avant la renaissance et l'on utilisait auparavant également des micro tons, comme ce qui se fait encore dans les musiques qualifiées "d'orientales".

La musique médiévale occidentale de façon générale était d'ailleurs très proche de ce qu'on pouvait trouver au moyen-orient et sur le reste du bassin méditerranéen. Si vous vous rendiez au XIVème siècle à la cour du roi de France puis à celle du sultan ottoman, vous n'auriez pas été particulièrement frappé par la différence de style musical. Il s'agissait dans les deux cas de musique "modale". Pour résumer ça grossièrement, la composition en musique modale laisse complétement de côté la question des harmonies (trouver des notes qui sonnent bien ensemble) pour se concentrer sur la mélodie. On va avoir une mélodie de base qui sera jouée par tous les instruments simultanément.
Les historiens en voyant des "partitions" médiévales ont d'abord considéré que la musique médiévale était extrêmement basique puisque reposant uniquement sur des mélodies assez simples. Ils se sont ensuite rendu compte, notamment en observant les traditions musicales similaires encore vivantes, qu'en réalité la mélodie dans ce type de musique n'était qu'une base à partir de laquelle chaque instrument allait improviser. Autrement dit, chaque instrument allait jouer la même mélodie principale mais en ajoutant des notes et des variations entre chaque note de la mélodie, chaque joueur devenant en quelque sorte également compositeur. Tout cela va changer avec l'apparition de la musique harmonique en occident où l'accent sera mis sur les accords et les harmonies, créant des règles de compositions beaucoup plus rigides et réduisant les nuances de notes jugées acceptables, probablement car il est assez difficile d'harmoniser des micro tons avec d'autres notes.

Les micros tons sont aujourd'hui tellement absents de la musique occidentale grand public qu'il n'est pas rare que des gens non habitués aient l'impression que la musique sonne "faux" lorsque exposés à des musiques micro tonales. La microtonalité d'ailleurs ne concerne pas que les instruments mais également le chant. Fait amusant à ce propos : lorsque des groupes ont cherché à reconstituer des musiques médiévales, ils sont allés chercher des chanteurs traditionnels corses chez qui la tradition du chant microtonal perdure encore (on en trouve également dans certains types de flamenco). Maintenant, si vous vous posez la question de si les musiques que vous pouvez entendre parfois lors de diverses fêtes médiévales sont vraiment des musiques modales et pas des compositions modernes, voilà un petit indice : si l'un des membres du groupes tient un bouzouki irlandais, ce n'est probablement pas de la "vraie" musique médiévale. En effet, en dépit de son look retro, l'instrument a été inventé dans les années 1970, avant de gagner en popularité dans les milieux des fêtes médiévales du fait de sa sonorité se rapprochant de ce que les gens imaginent être un son "médiéval".
Afficher tout
Merci pour cet excellent commentaire.
Je ne faisais que comparer les différences entre les deux donc j’ai effectivement simplifier la chose.
C’est effectivement la Renaissance qui va imposer avec force la tonalité majeure / mineure. C’est d’ailleurs assez paradoxale pour un courant de pensée qui se voulait être l’héritage des romains et des grecs sur de nombreux sujets (même si un puriste dirait qu’un dorien antique n’est pas un dorien medieval….).
J’irais même jusqu’à dire qu’un bon jazz est plus proche en terme de philosophie de la musique médiéval que les compositions baroques. Dans un cas, on « vit » le son et dans l’autre, on l’écrit et on le théorise.

C'est hyper intéressant merci d'avoir pris le temps de partager. Grand amateur de musique, je n'ai par contre aucune connaissance en théorie ou mathématiques musicale, du coup c'est également terriblement abstrait. Si jamais vous auriez quelques exemples de pistes illustrant vos propos ce serait tip top..