Vos amis ont probablement plus d'amis que vous en avez vous-même. C’est le "paradoxe de l’amitié" : quand on regarde "les amis des gens", les plus populaires sont surreprésentés, et tirent la moyenne vers le haut. D’où l’impression d’être moins entouré, même si vous êtes sociable.
La partie contre-intuitive, c’est que "choisir un ami" n’est pas du tout comme "choisir une personne". Si l’on prend quelqu’un au hasard puis un de ses amis, on a beaucoup plus de chances de tomber sur une personne très connectée, simplement parce qu’elle apparaît dans beaucoup de listes. Cela biaise la perception (et celle des réseaux sociaux) et sert aussi en santé publique : suivre ou vacciner "les amis de personnes tirées au sort" permet de viser plus vite les gens centraux dans le réseau.
Une étude publiée en 2010 a effectivement démontré qu’en appliquant le paradoxe de l’amitié à la surveillance d’un réseau social, on pouvait repérer une épidémie de grippe presque 2 semaines plus tôt qu’avec les méthodes de suivi classiques.

Commentaires préférés (3)
Si quelqu’un peut expliquer de façon intelligible le complément de l’anecdote. Je l’ai lu 3 fois, mais je n’en tire toujours pas le sens.
Pour faire simple :
Si tu choisis un de tes amis sur les réseaux sociaux, et qu’il est, plus ou moins entouré d’amis qui ne le sont pas forcément, qui plus est, fluctuent dans la médiane de "gens centraux" alors tu peux conclure tu fais parti de la moyenne basse de ceux pris au hasard.
Si une personne te choisit sans te connaître, pour se comparer, alors il tombera forcément sur une personne qu’il ne connaît pas mais qui a la grippe.
Donc, tu pourras en déduire qu'en appliquant le paradoxe de l'amitié à la surveillance d'un réseau social, la grippe va se propager de façon inversement proportionnel au cercle des amis proches et ainsi confirmer ce paradoxe.
Ce qui ne veut évidemment pas dire que tu as moins d’amis que la personne choisie au hasard.. logique.
Voilà !
Nan, je déconne, j’ai rien compris non plus :-)
Désolé de ne pas avoir été plus clair. Je vais essayer de donner un exemple simplifié à l'extrême:
Tu as un groupe de 10 personnes. Robert est très populaire: il a 9 amis. Ses 9 amis sont, en revanche, plutôt du genre "solitaire" et n’ont qu’un ami (Robert, donc).
Donc, en moyenne, sur ces 10 personnes, chacune a ((9 + (9x1)) /10) amis, soit 1,8 ami en moyenne.
Maintenant, si tu prends une personne au hasard parmi ce groupe de 10, tu as 9 chances sur 10 de tomber sur une personne qui n’a qu’un ami,alors que le groupe a 1,8 ami en moyenne. Donc, auqnd tu choisis une personne au hasard, tu vas "probablement" tomber sur quelqu’un qui a moins d’amis que la moyenne.
Concernant le complément de l’anecdote: disons que tu cherches à identifier une personne très populaire (Robert). Tu as alors deux méthodes possibles:
Méthode A :tu cherches au hasard, et la tu n’as qu’1 chance sur 10 de tomber directement sur Robert.
Méthode B : tu cherche au hasard (9 chances sur 10 de tomber sur un "solitaire") et tu lui demandes de nommer un de ses amis: il va te donner Robert. Avec cette méthode, tu as donc 9 chances sur 10 de trouver la personne la plus populaire (= la plus connectée socialement, le "Robert" du groupe). C'est bien plus efficace.
La personne la plus connectée socialement est aussi celle qui a le plus de contacts: c’est donc celle qu’il faut surveiller si tu veux savoir par exemple si une épidémie de grippe se prépare (c’est elle qui aura le plus de risques de l’attraper), et c’est aussi celle qu’il faut vacciner en priorité si ton nombre de vaccins est limité (toutes choses médicales égales par ailleurs). D’un coté plus sombre de la force, c’est aussi cette personne qu’il faut viser si tu veux essayer de l’embrigader dans ton parti politique ou ton lobby :-(
L’exemple avec un "Robert" et 9 "solitaires" est bien sûr simplifié à l’extreme, mais les modélisations ont montré que la population se répartit de manière similaire: quelques individus très populaires entourés de grappes d’amis plus " solitaires" (mais pas avec un seul ami quand même !).
Tous les commentaires (22)
Donc, nous sommes bien d'accord : ce paradoxe s'applique à tout le monde.
Mais alors, si l’on a moins d’amis que ses amis, qui est la personne qui a plus d’amis que ses autres amis ?
De même pour les relations sexuelles (voir sources) : si l’on a eu moins de partenaires que son partenaire actuel, qui a eu le plus de partenaires ?
Non, pas à tout le monde. L'anecdote dit "probablement"
Et si c’est pas le cas, c’est que la grippe c’est vous. :-)
Si quelqu’un peut expliquer de façon intelligible le complément de l’anecdote. Je l’ai lu 3 fois, mais je n’en tire toujours pas le sens.
Pour faire simple :
Si tu choisis un de tes amis sur les réseaux sociaux, et qu’il est, plus ou moins entouré d’amis qui ne le sont pas forcément, qui plus est, fluctuent dans la médiane de "gens centraux" alors tu peux conclure tu fais parti de la moyenne basse de ceux pris au hasard.
Si une personne te choisit sans te connaître, pour se comparer, alors il tombera forcément sur une personne qu’il ne connaît pas mais qui a la grippe.
Donc, tu pourras en déduire qu'en appliquant le paradoxe de l'amitié à la surveillance d'un réseau social, la grippe va se propager de façon inversement proportionnel au cercle des amis proches et ainsi confirmer ce paradoxe.
Ce qui ne veut évidemment pas dire que tu as moins d’amis que la personne choisie au hasard.. logique.
Voilà !
Nan, je déconne, j’ai rien compris non plus :-)
Ça me rassure !
Exceptionnel
J'ai rien calé....je suis triste.
C'est mal formulé mais c'est pas compliqué.
Imaginons un réseau social :
Certaines personnes ont beaucoup d’amis.
D’autres en ont peu.
Les personnes très populaires apparaissent dans la liste d’amis de beaucoup de monde. Du coup :
Tu as plus de chances d’être ami avec quelqu’un qui a beaucoup d’amis
Que d’être ami avec quelqu’un qui en a très peu
Résultat : quand tu regardes tes amis, tu vois souvent des gens qui sont plus populaires que la moyenne… et donc plus populaires que toi.
Du coup, d'un point de vue medical, tu as tout intérêt a prendre un ami d'une personne au hasard et de la vacciné elle car il y a plus de chance que tu tombés sur quelqu'un d'hyper-connecté.
Je sais pas si c'est beaucoup plus clair...? Ahah
Avoir un ami sur un réseau social... Je ne dois pas avoir la même notion de l'amitié que celle de l'anecdote. Connaissance, à la rigueur, à moins que l'ami ne le soit IRL.
Cour de cassation, arrêt d'appel
Paris, 17 décembre 2015, n°15/23692
- le "terme d’ami employé pour désigner les personnes qui acceptent d’entrer en contact par les réseaux sociaux ne renvoie pas à des relations d’amitié au sens traditionnel du terme et l’existence de contacts entre ces différentes personnes sur le web ne suffit pas à caractériser une partialité particulière (…)"
Donc, quand on te demandera si tu as beaucoup d’ami, tu pourras demander :
" au sens traditionnel du terme, ou pour désigner les personnes qui ont accepté d’entrer en contact avec moi par les réseaux sociaux ?
Parce que pour les cas N°1, j’en ai 4, et pour le N° 2, j’en ai 4000.."
En citant cet arrêt, tu peux perdre 2000 ami virtuels et en gagner 1 réel ;-)
Désolé de ne pas avoir été plus clair. Je vais essayer de donner un exemple simplifié à l'extrême:
Tu as un groupe de 10 personnes. Robert est très populaire: il a 9 amis. Ses 9 amis sont, en revanche, plutôt du genre "solitaire" et n’ont qu’un ami (Robert, donc).
Donc, en moyenne, sur ces 10 personnes, chacune a ((9 + (9x1)) /10) amis, soit 1,8 ami en moyenne.
Maintenant, si tu prends une personne au hasard parmi ce groupe de 10, tu as 9 chances sur 10 de tomber sur une personne qui n’a qu’un ami,alors que le groupe a 1,8 ami en moyenne. Donc, auqnd tu choisis une personne au hasard, tu vas "probablement" tomber sur quelqu’un qui a moins d’amis que la moyenne.
Concernant le complément de l’anecdote: disons que tu cherches à identifier une personne très populaire (Robert). Tu as alors deux méthodes possibles:
Méthode A :tu cherches au hasard, et la tu n’as qu’1 chance sur 10 de tomber directement sur Robert.
Méthode B : tu cherche au hasard (9 chances sur 10 de tomber sur un "solitaire") et tu lui demandes de nommer un de ses amis: il va te donner Robert. Avec cette méthode, tu as donc 9 chances sur 10 de trouver la personne la plus populaire (= la plus connectée socialement, le "Robert" du groupe). C'est bien plus efficace.
La personne la plus connectée socialement est aussi celle qui a le plus de contacts: c’est donc celle qu’il faut surveiller si tu veux savoir par exemple si une épidémie de grippe se prépare (c’est elle qui aura le plus de risques de l’attraper), et c’est aussi celle qu’il faut vacciner en priorité si ton nombre de vaccins est limité (toutes choses médicales égales par ailleurs). D’un coté plus sombre de la force, c’est aussi cette personne qu’il faut viser si tu veux essayer de l’embrigader dans ton parti politique ou ton lobby :-(
L’exemple avec un "Robert" et 9 "solitaires" est bien sûr simplifié à l’extreme, mais les modélisations ont montré que la population se répartit de manière similaire: quelques individus très populaires entourés de grappes d’amis plus " solitaires" (mais pas avec un seul ami quand même !).
Je précise que l'anecdote ne concerne pas dans les amis d'un "réseau social numérique" (facebook, instagram, etc.) mais bien les amis que tu as "dans la vraie vie"...
L'anecdote est mal formulée car il manque le mot "moyenne".
Imaginons que tout le monde ait 50 amis. sauf quelques personnes ayant 1 000 000 amis (appelons ces personnes des hubs).
scénario 0 : Tu as 50 amis et parmi elles 0 hub. Tes amis ont en moyenne 50 amis.
scénario 1 : Tu as 50 amis et parmi elles 1 hub. Tes amis ont en moyenne (50 + 50+ ...+ 50 + 1000 000) / 50 = ((49x 50) + 1000 000)/ 50 = 20 049 amis
scénario 2 : Tu as 50 amis et parmi elles 2 hubs. Tes amis ont en moyenne 20048 amis.
...
scénario 50 : Tu as 50 amis et parmi elles 50 hubs. Tes amis ont en moyenne 1000000 amis.
scénario 51 : Tu es toi même un hub avec 1000 000 d'amis, mais c'est très peu probable d'être un hub.
Donc tu es probablement dans les scénarios 0 à 50, donc probablement tes amis ont plus d'amis que toi en MOYENNE.
De la même manière, vos parents ont plus d'enfants que la moyenne.
Si vous prenez des personnes au hasard et que vous leur demandez combien leurs parents ont eu d'enfants, vous trouverez une moyenne supérieure au taux de fécondité.
Ce qui est simple à comprendre, c'est qu'il y a dans la population des gens qui n'ont pas d'enfants. Mais par contre si on vous demande combien d'enfants ont eu vos parents, je suis prêt à parier que c'est supérieur ou égal à 1 !
(et pour aller plus loin, les parents qui ont eu beaucoup d' enfants seront sur représentés, parce qu'on dira par exemple 10 fois du même couple "mes parents ont eu 10 enfants" mais on ne dira qu'une fois "j'ai été le seul enfant de mes parents"
Ok, c’est plus clair.
Mais par contre, je comprends toujours pas le rapport avec les épidémies et la vaccination. L’anecdote se place dans un cadre purement « réseaux sociaux », ou bien « IRL » ?
Et c’est de la théorie ou dans la pratique c’est courant ? Parce que j’ai jamais entendu qu’on allait faire des sondages en demandant qui étaient tes amis pour ensuite aller sonner chez eux et les vacciner. ^^’
On peut être ami 1 fois avec 1000 personnes, mais on ne peut pas être ami 1000 fois avec 1 personne. CQFD Émile !
C’est IRL.
Pour la vaccination, c’est théorique. Pour la détection d’épidémie de grippe, ça a vraiment été testé (mais en test seulement) et ça a démontré son efficacité, comme indiqué dans l’anecdote.
C'est quoi le différence entre un bon ami et un mauvais ami?
Faut-il avoir le plus d'amis possible ?