L'effet placebo est parfois réduit à la prise d'un faux médicament sans principe actif. Il est en fait bien plus large que cela : la personnalité du médecin, sa tenue, l'attente du patient, le coût du traitement, etc., sont autant de facteurs jouant sur l'impact psychophysiologique positif. On parle également d'effets contextuels du traitement.

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Pour compléter, on fait généralement des analyses dites randomisées en double aveugle, voire en triple aveugle :
- randomisée : entre ceux qui recevront le produit étudié et ceux qui recevront un placebo ou un produit actif déjà utilisé pour comparer la répartition se fera par tirage au sort.
Une variante consiste à cibler des groupes (clusters) par exemple le tirage au sort se fera entre tel et tel hôpital et non patient par patient.
- en simple aveugle : le patient ignore quel produit il reçoit
- en double aveugle : le patient et le praticien qui prescrit ignorent
- en triple aveugle : s’y ajoute le statisticien.
Le souci est d’éviter au maximum les biais en lissant le plus possible.
Pour plus de renseignements :
fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tude_randomis%C3%A9e_en_double_aveugle
Tout à fait et souvent sur les médicaments les effets nocebo les plus répondus sont ceux qui répondent le plus à nos propres inquiétudes, généralement si il est indiqué trouble de la libido et que le patient le lit sur la notice un grand nombre va se le déclencher tout seul par peur que ça lui arrive.
Et le plus connu des effets nocebo est celui des antennes réseaux mobiles ou à la construction un grand nombre voisins décrivent des maux de tête violents avant même que l’antenne soit branchée…
On peut aussi souligner, et bien que ce soit contre intuitif, que l'effet placebo concerne également les traitements lambdas et pas seulement les placebos.
Comme le sujet plaît je vous rédige un mini cours recherche Clinique sur ce type d'essais.
Dans un essai médicament vs placebo, il y a de nombreux acteurs. Pour comprendre un petit peu la structure les principaux sont: Le clinicien conduit l’inclusion, la prise en charge du patient dans son service. Le biostatisticien élabore le plan d’analyse, s’assure du respect des principes méthodologiques et traite les données. La pharmacie hospitalière prépare et distribue les traitements en suivant strictement les règles de randomisation. Les data managers coordonnent cette randomisation, veillent à la qualité des données, orchestrent la logistique des lots et assurent, si nécessaire, les levées d’aveugle en cas d’événement indésirables grave le necessutant. Enfin, pour certains critères d’évaluation sensibles type critère de jugement principal (exemple imagerie), des lecteurs centralisés, totalement indépendants et aveugles du traitement, permettent de faire des analyses fiables et homogènes.
Ces metiers ne représentent qu’une partie des acteurs, mais ils sont essentiels au maintien de l’intégrité du placebo et de l’essai. Derrière ça il y a encore de nombreux autres métiers (attachés de recherche clinique /chefs de projets / promoteurs / monitor...)
La majorité des essais randomisés sont multicentriques. Ce choix répond à plusieurs impératifs : améliorer le recrutement, lisser les effets centre (pratiques différentes d'un centre a l'autre par exemple). In fine les résultats sont plus généralisables.. Dans chaque centre, seule la pharmacie sait qui a eu quoi. Lorsqu’un patient est inclus, la randomisation attribue automatiquement un lot précis au centre et celui-ci est délivré au patient sans que le clinicien, les lecteurs centralisés ou quiconque impliqué dans l’évaluation n’en connaissent la nature. En cas d’événement indésirable grave nécessitant une levée d’aveugle, cette procédure de levée d'aveugle est réalisée par le data manager ou l’équipe dédiée afin de préserver l’aveugle pour l’ensemble des autres intervenants. (Pour info j'ai déjà vu un biostatisticien modifier la liste de randomisation sans en informé le datamanegeur...)
Les essais contrôlés comportent le plus souvent un Data and Safety Monitoring Board (DSMB). Ce comité indépendant, non aveugle, a accès à des données intermédiaires analysées par les biostatisticiens. Son rôle est d’évaluer la balance bénéfice–risque tout au long de l’essai. Il peut recommander la poursuite, la modification ou l’arrêt prématuré de l’étude en cas de signaux de toxicité, de bénéfice exceptionnel ou d’absence de bénéfice. L’existence du DSMB constitue est essentiel pour la sécurité des patients et la crédibilité scientifique (bien que ça mette la pression aux équipes pour réunir toutes les données avant chaque rassemblement du comité).
À la fin de l’essai, l’analyse permet de conclure que le médicament présente un effet positif, un effet délétère ou aucun effet par rapport au placebo. Un essai de ce type bien mené peut conduire à de très belles publications avec de l'impact factor 40, même sans résultats significatifs.
Historiquement, les procédures de randomisation étaient plus rudimentaires. Par exemple on pouvait utiliser il y a quelques années encore, des enveloppes opaques conservées dans les centres. Dans la pratique, certains investigateurs ouvraient toutes les enveloppes en début d’étude et attribuaient les traitements selon leurs propres attentes. Ces dérives ont conduit au développement de systèmes de randomisation centralisée, d’abord téléphoniques puis informatisés, qui permettent aujourd’hui de contrôler précisément l’allocation des traitements et de tracer toute action.
Il reste néanmoins des situations où le double aveugle est difficile, voire impossible à maintenir, notamment lorsqu’il ne s’agit plus d’un médicament mais de comparer des prises.en charge (classique vs nouvelle par exemple).
"l'effet placebo est l'effet commun a tous médicaments contenant ou non une substance active" il est estimé à peu près à 20% de tout les médicaments.
Phrase tirée d'un cour de première année de médecine.
À noté que dans "l'attente du patient" il y a aussi toutes ses croyances personnelles.
Si le patient n'adhère pas au traitement, l'effet sera minoré (nocebo) et inversement.
D'où l'importance de l'éducation thérapeutique qui permet de niveler les croyances du patient et d'obtenir des résultats plus fiables.
L'hypnose par exemple obtient des résultats incroyables sans aucune autre action que de modifier les croyances du patients.
Par exemple ne pas ressentir de douleur lors d'une opération chirurgicale lorsque l'hypnotherapeute raconte au patient qu'il en train de se balader sur la plage et que tout est agréable.
Merci à la communauté pour ses commentaires toujours passionnants et instructifs. Pour ce qui est de « l’effet placebo « quelque choses m’est venu de suite en tête : Lourdes et ses miracles
Attention : pas de provocation dans mon commentaire…. C’est juste ( sans prénom) une association de ma part à cette info
Effectivement, c’est une question naturelle.
Cf. fr.wikipedia.org/wiki/Gu%C3%A9risons_de_Lourdes
Je retiens une phrase :
Le nombre de guérisons inexpliquées serait du même ordre de grandeur que celui constaté en milieu hospitalier, selon une étude de 1993, menée à travers le monde sur 128 ans.
La France est un des pays où les médicaments sont le moins cher. Vous le sauriez si la sécu ne s'arrangeait pour qu'on ne le sache pas ( qui lit ses relevés de remboursement ?). Méfiez vous de la propagande.
Je ne comprends pas ce commentaire prétendant que la S.S. « s’arrange pour qu’on ne le sache pas » :
- les prix des médicaments sont publics - il suffit de consulter Internet.
- la plupart des pharmacies impriment la « facture » sur l’ordonnance.
- les feuilles de remboursement ne cachent rien. La S.S. n’est pas responsable si on ne les lit pas.
- projet en cours d’information régulière par mail des frais de santé.
- Plaintes régulières des pharmaciens que les prix des médicaments ne suivent pas l’inflation…
La méconnaissance vient plutôt du fait qu’à partir du moment où on est totalement remboursé avec une mutuelle ou que les restes à payer soient minimes, les assurés ne s’intéressent pas au prix.
Quand on est dans une ville avec un tourisme étranger important, on voit ces étrangers profiter de leur passage en France pour « dévaliser » les pharmacies des médicaments en vente libre, ce qui fait une information indirecte sur le différentiel !
Évidemment, quand on fait soi-même des courts séjours à l’étranger, on emporte ses médicaments et il est rare qu’on s’approvisionne sur place.
J’ai même connu des anglais qui prenaient, à l’avance, des rdv pour se faire opérer « en urgence » en France à cause des délais britanniques…
On se plaint souvent mais la France a un régime de santé et de protection sociale qui reste un des meilleurs du monde.
Effet minoré ou même carrément négatif: effets indésirables fantômes, douleurs, etc
Un des meilleurs exemples concerne la prière: si les gens prient pour ton rétablissement, ça ne change rien au résultat. Mais si tu es informé qu’ils prient pour ton rétablissement, alors tu ira pire, parce que tu pensera que ton cas est grave. C’est fou.
Si on part du postulat que « l’effet placebo » est le pseudo-médicament.
Pour moi il est clair que le pseudo-médicament est appelé « placebo ». Et que « l’effet placebo » désigne l’effet positif obtenu par une solution qui n’a pas de propriété active. Incluant le contexte, la croyance, la présentation, et autres. Je ne confonds pas les deux, et cela me semblait évident.
Mais ça n’engage que moi.
Je n'ai peut-être pas compris ce que tu voulais dire mais au cas où :
Même avec les vrais médicaments il y a un effet placebo.
À mon avis non pas vraiment , car les différents coms ont bien développé le sujet : les différents degrés de placebos selon les maux ou maladies traitées , également une échelle d’arnaques incluant carrément des injections ( ça je l’ai appris ici entre autre) bref , les coms en réponse à cette anecdote au départ assez basique sont Méga intéressants je trouve , et comme le souligne princessepea, c’est un sujet Méga complexe et Méga intéressant, les mystères et méconnaissances du cerveau…donc pour le coup , non on enfonce pas de porte ouverte.
Ça se discute, car ça pause le problème de la conscience par le patient du pronostic éventuellement vital le concernant.
Il y a eu de grands débats dans les années soixante sur « dire la vérité » aux malades notamment en fin de vie mais pas seulement.
Pour continuer dans le domaine religieux, autrefois, l’Eglise catholique administrait à l’ultime moment le sacrement de « l’extrême onction ». Actuellement, elle le propose aux malades graves sous le nom de « l’onction des malades » qui, indirectement, indique un état de fin de vie à échéance inéluctable.
L’expérience (cependant, pas d’études scientifiques randomisées sur le sujet…) montre un effet d’apaisement positif notoire. On rejoint peut-être la dernière étape de « l’acceptation » selon Elisabeth Kübler-Ross et cette acceptation peut avoir un effet positif (placebo ?) sur l’état physique et psychique du malade.
Hors religion, il n’est pas du tout prouvé que l’admission dans un service de soins palliatifs ait un effet « nocebo ».
Ton dernier point est juste. Cela dit, ça serait très limite d’un point de vue déontologique de faire des tests sur des patients, en leur disant “allez hop pour vous c’est droit aux soins palliatifs" alors qu’ils sont malades mais n’en ont pas besoin.
Tout au plus, on peut retrouver une meta-analyse qui n’a trouvé aucune amélioration statistiquement significative de l’anxiété, de la dépression ou de la détresse psychologique suite à des interventions de soins palliatifs (alors qu’on pourrait s’y attendre). Cette absence d’effet positif pourrait -théoriquement- s’apparenter à une absence de bénéfices, mais ne démontre pas un effet nocebo proprement dit. Et de toutes facons cette meta-analyse avait différents problèmes de structure.
Mais il y a d’autres exemples bien documentés d’effets nocebo (obtenus involontairement, pas de problèmes déontologiques ici) qui ont montrés par exemple que des patients en traitement de chimiothérapie avaient perdus leurs cheveux ou avaient eu des vomissements… alors que la chimio n’avait pas encore commencé et qu’ils n’avaient encore reçus que des placebo !
Je partage assez largement ton avis.
En fait c’est moins un effet placebo stricto sensu qu’on attend qu’un effet positif lié à la prise en charge notamment par les Interventions Non Médicamenteuses (INM) quoique une prescription adaptée contre la douleur est sans doute mieux maîtrisée que souvent dans le court séjour.
Sur les INM, un article intéressant sur les effets du toucher en milieu hospitalier avec une étude comparative :
storage.e.jimdo.com/file/d122a5dc-7bd1-47c2-bac5-ea9fa9ad3f11/ROFIDAL%20T.%20-%20MODALIT%C3%89S%20DU%20TOUCHER.pdf
D’autre part, il y a d’autres démarches sur l’influence du toucher développé notamment à partir de la notion du « moi-peau ».
À ce sujet, il existe une formation au « Nursing Touch » d’origine américaine mais présente en France, à l’usage des socio-esthéticiennes » mais pas que.
Nota : l’efficacité des INM peuvent se s’expliquer par l’effet placebo mais il y a maintenant des études en neurosciences sur certaines de celles-ci.
Pour rejoindre ton avis, de mon expérience professionnelle et humaine, prendre conscience de la gravité de sa situation peut avoir des effets de sursaut (On va pouvoir enfin faire quelque chose) mais aussi de désespoir qui aggrave l’état.
Le rôle de l’entourage, des accompagnants, des soignants… est alors fondamental.
Si les unités de soins palliatifs et les EHPAD sont juste des hébergements séparés sans autres objectifs, elles ne font que décharger les services actifs et les familles, ce qui est déjà pas mal mais largement insuffisant.